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LA PRISON AU MAROC - page 4

Passeports, fouilles, 30 minutes de visite et un goût amer : visite à Ali Aarrass, le vendredi 7 décembre à 12h

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC par

Je me dirige à la prison de Salé en fin de matinée, accompagnée de mon fils Mohamed Dahnin, 18 ans.

Nos passeports sont exigés, nous les remettons au garde qui les réceptionne tous et qui très vite va encore demander le carnet de famille, pour prouver que c’est bien de mon fils qu’il s’agit.

Je conteste en me servant de l’argument suivant :

« Vous avez déjà autorisé ma fille Sarah Dahnin à rendre visite à mon frère et cela sans aucun document en dehors du passeport. Là il s’agit de son frère Mohamed, j’ai 7 enfants et il est fort probable que je vienne avec chacun d’eux pour voir leur oncle. Vous n’allez pas m’ennuyer avec le même baratin pour chacun d’eux ?! Vérifiez votre registre des visiteurs et vous verrez bien que Sarah Dahnin, ma fille, a pu y entrer le voir et que donc il n’y a pas de raison qu’on refuse l’accès à mon fils ».

Nous allons attendre à l’extérieur, environ une demi-heure. Cela va nous laisser le temps d’observer avec peine, les proches parents d’autres détenus, qui attendent aussi mais depuis bien plus longtemps que nous. Sous la pluie… Le regard de ces gens est triste et le teint pâle. Ils sont pour la plupart mal vêtus, reflet de leur situation financière qui ne doit pas du tout être rose.

Une fois qu’on nous a autorisés à rentrer, encore une période d’attente d’une autre demi-heure dans la salle de fouilles de tout, des aliments, vêtements et autre….

J’ai ramené entre autre, une plaque réchaud électrique à Ali, afin qu’il puisse de nouveau cuisiner par lui-même, vu que l’autre plaque qu’on lui avait acheté lui a été confisquée et ensuite volée par l’adjoint du directeur de la prison. Nous lui avons ramené aussi du chocolat et des frangipanes, Ali aime beaucoup ça.

Finalement une garde m’appelle pour me fouiller à l’écart. Elle va procéder à des fouilles corporelles et m’accompagner jusque dans la salle de visites. Je réalise qu’ils ont séparé mon fils de moi…Mon sang ne fait qu’un tour. Je demande à la gardienne où se trouve mon fils et elle me répond à moitié, en marmonnant, qu’il arrive.

Je ne me gêne pas et lui demande encore une fois, il est où et pourquoi vous le laissez dehors ? Il est venu voir son oncle et je ne vois pas pourquoi vous l’éloignez de moi alors qu’il ne parle pas du tout l’arabe et que c’est bien la première fois dans sa vie qu’il rentre dans une prison ?

La gardienne m’ignore et continue à parler comme si de rien n’était au gars qui tient une sorte de petit magasin qui se trouve dans la salle des visites. Sur ce  je me lève et m’approche de la grille qui est fermée derrière moi, en vain, puisqu’elle simule bien ne pas me voir. Je m’approche d’elle et elle me dit en arabe, sur un ton impératif : « Patiente qu’est que t’as toi ? Pourquoi t’excites-tu comme ça ? »

Je lui réponds : « Si toi tu as l’habitude de ces lieux, ce n’est point le cas pour nous, je ne me sens pas du tout rassurée avec vos méthodes ! Je veux que vous laissiez rentrer mon fils ou alors je préfère sortir le rejoindre ! D’ailleurs vous allez entendre parler de tout ça ! »

La gardienne appelle de suite un garde par téléphone. Ce garde ne tarde pas à venir, mais à son tour ne réagit pas. Il prend le trousseau de clés que la gardienne lui passe et ne dis rien et reste debout, planté devant moi.

Je me rends compte que j’ai à faire à des gens plus que bizarres, l’arrogance et la malhonnêteté sont si présents en eux…. Je décide de remettre ça et de ne pas me laisser faire. Je m’adresse cette fois ci à ce garde et lui dit, que mon fils est venu rendre visite à son oncle en ma compagnie, mais que cela fait quasi 25 minutes qu’ils l’ont laissé dehors. Ce dernier sourit ironiquement et me dit que c’est tout à fait normal, que les femmes fouillent les femmes et les gardes hommes, les hommes. Sur ce je lui demande, qui va fouiller mon fils ? Là il me répond « Moi » et je lui dis alors pourquoi le laissez vous attendre plus longtemps, il doit être fort inquiet de ne pas avoir pu rentrer avec moi.

Le garde prend mes dires très à la légère et s’en va tout doucement et en esquissant un sourire diabolique revient quelques minutes plus tard avec mon fils.

Je respire enfin normalement et je m’oblige à faire semblant de rien devant lui.

Pendant ce temps, j’ai pu sentir des choses horribles, je vous jure que d’être la dedans n’est déjà pas du tout rassurant, mais quand en plus ils s’amusent avec vos nerfs avec un sang froid à vous glacer le vôtre….

Nous allons après cela attendre encore 15 minutes approximativement avant de voir arriver Ali enfin. Il entre et avance dans la salle des visites avec un air tellement amère. Un regard triste, exprimant un grand dégout et les traits qui laissent paraître une grande fatigue. Cerné et flétri comme s’il se fanait.

Mais dès qu’il nous voit, le sourire gagne tout son visage en éclat et en émotions ! Il va me serrer dans ses bras à ne plus vouloir me lâcher, et de même à mon fils.

Mon fils le serre aussi mais avec un bras et Ali lui fait la remarque tout en l’étreignant de toutes ses force…. Mais où est donc ton deuxième bras ? Et Mohamed réagit immédiatement en le levant et l’enlaçant des plus belles. Ali poursuit en lui disant, mon Dieu que ça fait du bien…. Je les observe et en écoutant Ali me rend compte à quel point il manque de chaleur humaine et d’affection dans ces lieux lugubres tenus par des diables.

D’habitude, sachant que nous venons de loin, les gardes sous les ordres de la direction, nous donnaient droit à au moins deux heures de visite. Nous nous asseyons autour d’une table et deux gardes prennent des chaises et s’asseyaient à un mètre de notre table, pour entendre ce qu’on se dit.

Nous les avons ignorés et donc commencés à discuter à notre aise, sans penser à donner priorité aux choses les plus importantes, pensant avoir le temps de tout dire. J’ai durant ce temps de discussion découvert qu’Ali avait perdu encore une dent. Il s’agit d’une canine inférieure. Elle faisait partie des dents qui bougeaient entièrement depuis la torture subie. On lui avait fracassé des bouteilles à la bouche….

J’ai pleuré et ne savait que dire, Ali me regardait d’un air qui en disait long, sans rien me dire, comme si pour lui cela ne signifiait plus rien à coté de tout ce qu’il a enduré.

Alors que nous parlions d’un peu de tout, voilà que dès la demi-heure passée, un garde est venu mettre un terme à notre visite. Ali réagit au quart de tour en disant que nous venons de très loin, qu’il ne voit jamais personne, que ce n’est pas normal qu’on veuille interrompre ainsi sa visite ! Mais le garde qui a pourtant l’air gêné insiste et simultanément s’éloigne sans savoir que répondre. 5 minutes plus tard, ce même fonctionnaire revient nous demander de quitter. Plus moyen de négocier ni d’insister lorsqu’il dit que ce n’est pas lui mais les ordres.

J’ai senti cette interruption comme une rupture terrible car je voyais bien qu’Ali avait besoin d’être en notre compagnie. Il n’était pas très bien physiquement, même si le moral semble lui plutôt bon.

Quoi qu’il en soit, Ali ne va pas bien physiquement, j’insiste pour qu’il soit vu d’urgence par des spécialistes.

Il m’a décrit le malaise qu’il a eu. Il a été pris d’une douleur extrêmement forte dans le bas ventre, douleur qui l’empêchait de respirer, jusqu’à en perdre connaissance.

Il m’a aussi dit qu’il a été pris de frayeur lorsqu’en se réveillant il a vu l’infirmier en train de le piquer au doigt. Ali le haie et se méfie de lui comme de la peste. L’histoire des résultats sanguins perdure, on refuse toujours de lui donner les résultats.

Ali est pour le moment dans l’aile B du pavillon II de Salé. Il a été seul pendant quelques jours, mais pas en isolation. Il a droit à une heure de promenade dans la cour le matin et une autre heure le soir. Il en profite pour faire du sport. Il y a peu il avait droit à 4 heures de sortie dans la cour.

J’ai du reprendre le nouveau réchaud car les gardes savaient qu’Ali avait récupéré le sien. Ce réchaud, Ali ne peut plus l’utiliser dans sa cellule, ils ont changé les fusibles et ont mis des plus faibles, ce qui fait que tout saute chaque fois qu’il le branche, et cela même alors qu’il était seul dans l’aile B. Du coup, Ali doit cuisiner au fond du Hall de l’aile B, la prise se trouve tout au fond du couloir à l’opposé de sa cellule. En somme comme il le dit, ici il faut se battre et surtout beaucoup patienter pour trouver le moyen de subsister. J’ai appris aujourd’hui que ce réchaud est en panne, ils l’ont détraqué et moi j’ai repris l’autre 🙁 De vrais ordures!

Et pourtant, malgré tout Ali semble avoir le moral, il est très réaliste et dis très clairement qu’il ne croit pas du tout en une libération proche. Il développe des moyens de résistance, mais je me sens fort inquiète pour lui malgré cela.

Ali a reçu 17 lettres d’un coup, merci à vous tous!

Ali n’a pas reçu de coups durant la dernière révolte des prisonniers mais comme je vous l’avais dit, il a été mis sérieusement sous pression. Nous pensons que c’est grâce au soutien de toutes parts qu’ils n’osent plus lui administrer des coups.

Le nouvel adjoint du directeur semble beaucoup se méfier d’Ali, vu qu’on prétend que l’ancien aurait été démis de sa fonction à cause de la plainte de mon frère. Reste à vérifier, même si c’est ce que les prisonniers ont dit à Ali. Le nouvel adjoint répond donc aux différentes demandes d’Ali par un : « va voir le directeur. »

Vous vous rendez compte, que nous avons fait plus de 2200 km, pris un avion, un train, un taxi, pour seulement une demi heure de visite ?! C’est inadmissible !

Farida Aarrass.

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC par

A tous mes amies et amis,

Aujourd’hui, dimanche 9 décembre 2012, j’étais au rendez-vous, sur ce lieu très symbolique, rue de Stalingrad, à Bruxelles, sous le Pasionaria.

Ce porte-voix, pour la parole publique, est dédié à tous les migrants. Il a été inauguré en 2006 à l’occasion des 40 ans de présence de l’immigration marocaine en Belgique.

C’est pourquoi, nous nous y rendrons dorénavant tous les premiers dimanche du mois pour y défendre la cause des belges, «belgo-marocains », innocents et pourtant enfermés dans les prisons marocaines !

Ali Aarrass est né en 1962, à Melilla, enclave espagnole au nord du Maroc.

En 1977, Ali a 15 ans et, avec sa mère et ses sœurs (dont mon amie Farida), vient vivre en Belgique.

En 1989, Ali obtient la nationalité belge, il a alors 27 ans.

En 1993, il effectue son service militaire pour la Belgique.

En 2005, il retourne vivre près de son père, à Melilla.

Le 1 avril 2008, Ali Aarrass est arrêté et détenu en Espagne pour un dossier vide de preuves. Il est soupçonné d’appartenir à la « cellule terroriste Belliraj ».

Le « procès Belliraj », mené au Maroc, a été une véritable mascarade. Les inculpés ont été torturés pour ensuite être condamnés sur base de leurs propres « aveux », obtenus sous la torture.

Innocent, Ali est mis en prison d’isolement complet, l’enfer !

Innocenté par le grand juge espagnol Baltazar Garzon, le haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU interdit son extradition vers le Maroc.

Et pourtant, il le sera en décembre 2010 !

En extradant Ali AARRASS malgré la mesure provisoire adoptée par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Espagne a manifestement violé ses obligations internationales.

Le Ministère des Affaires Etrangères belge s’est retranché derrière la double nationalité d’Ali AARRASS pour refuser toute intervention en sa faveur.

La Belgique, son pays, n’a rien fait car Ali est arabe, marocain et musulman.

Au cours du délai illégal de 12 jours de garde-à-vue, Ali AARRASS a été torturé, privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables.

Sous la torture, il est contraint de signer des papiers en arabe, langue qu’il ne maîtrise pas.

Le 24/11/2011, Ali est condamné à 15 ans de prison.

Les proches de Monsieur AARRASS appellent les gouvernements espagnols et belges à se préoccuper de celui qu’ils ont livré à ses tortionnaires. Ils exigent qu’une enquête impartiale soit réalisée quant à ces allégations de torture. Ils appellent toutes les bonnes volontés à faire pression afin qu’Ali puisse bénéficier d’un procès équitable. Ils implorent les juridictions marocaines à ne pas avaliser l’usage de la torture et à rendre une justice qui puisse honorer le peuple marocain.

Octobre 2012, Ali Aarrass, condamné en appel à 12 ans de prison ferme pour « terrorisme », mais qui affirme avoir signé des aveux sous la torture, va « introduire un recours en cassation ». Les avocats d’Ali qualifient le jugement du tribunal de Salé d’ »inique » (injuste, illégal).

Avec nous, venez le dire haut et fort: « STOP aux extraditions, libérez Ali Aarrass, Bekhti, Belliraj, et les autres innocents » .

En cette fin d’année, je vous demande un simple geste, écrire une carte de soutien et d’amitié à Ali, Bekhti, Belliraj et leurs camarades, emprisonnés, le plus souvent injustement, à 16.000 dans des prisons ne pouvant contenir que 4.000 hommes!

L’adresse:

M. Ali Aarrass
Prison de Salé II
Salé
Maroc

Je sais que vous avez du coeur, vous qui êtes impliqués déjà dans différents engagements, pour les défavorisés sociaux, les malades de la sclérose ou de la leucémie, pour les pays exploités, pour les enfants dans les hôpitaux, pour les prisonniers et aussi pour la protection des animaux et de la nature en général.

D’avance je vous remercie pour votre geste et vous souhaite de passer d’agréables et chauds moments en cette fin d’année 2012 🙂

Véro

PS: et le courrier semble bien arriver dans les mains d’Ali 🙂

Jeremy Corbyn (MP) : « I write to express my deep concern at the situation of Ali Aarrass »

dans FRIENDS OF ALI AARRASS LONDON SUPPORT COMMITTEE/LA PRISON AU MAROC/SANS CATEGORIES par

 

 

Lalla Joumala Alaoui
Ambassador of his Majesty the King of Morocco
To the Court of St James
EMBASSY OF THE KINGDOM OF MOROCCO
49 Queen’s Gate Gardens
London SW7 5NE

3 December 2012

Your Excellency,

I write to express my deep concern at the current situation of ALI AARRASS, who remains in the prison of Rabat-Salé pending his appeal to the Cour de Cassation against his unjust conviction. Ever since the visit to him in September by the UN Special Rapporteur on Torture, Juan Mendez, following which Mr Mendez reported on the routine use of torture against national security suspects, Mr Aarrass has been subjected to physical and psychological pressure from the prison authorities. His health needs are not being met and his physical and psychological health have as a result deteriorated.

These matters are clearly of grave concern.

I include below for your information a translation of part of the petition which Mr Aarrass’ lawyers have recently sent to the UN Committee Against Torture:
In order to ensure that the applicant can enjoy fully his right to petition the Committee, the applicant respectfully requests the Committee to seek, as a matter of urgency, an assurance from the Moroccan government that he is not subjected to further reprisals and that it takes all necessary measures for his protection.

In this respect the applicant wishes to suggest the following measures to ensure his security and his psychological stability:

– Request the government to permit M. Aarrass access to necessary health care, and in particular, to allow him to consult an opthamologist, a dermatologist, a dentist, a men’s health specialist and a psychiatrist (if possible Dr Benyaich, insofar as he has the applicant’s confidence, which is vital in such a delicate area)

– Request the government to give the applicant access to the results of medical tests performed, in particular blood tests already taken;

– Request the government to transfer M. Aarrass to a penal establishment closer to Melilla, where his nuclear family lives, so as on the one hand to facilitate family visits and to permit monitoring of the applicant’s physical and psychological health with a view to ameliorating it, and on the other hand to remove the applicant from the officials who have imposed pressures on him;

– Request the government to authorise visits from the applicant’s Belgian lawyers, for the same purpose;

– Request the government to authorise the members of the NGO Arab Commission for Human Rights, Mme Violatte Daguerre and/ or M Luk Vervaet to visit the applicant with the same objective, to end the applicant’s isolation;

– Invite the government to notify the applicant’s lawyers of any measures placing the applicant in solitary confinement or any other disciplinary procedure, in order to allow the exercise of rights of defence;

– Request the government to forbid the presence of third parties during interviews between the applicant and his lawyer Me Cohen;

– Request the government to authorise the applicant to correspond freely with his lawyers and eventually, with monitoring, his family, friends and supporters;

– Invite the government to restore to the applicant the items recently confiscated from him.

I wish to associate myself fully with the sentiments expressed in this letter and would respectfully ask that you urge your government to fulfil Mr Aarrass’ very modest requests as set out here.

Yours sincerely,

Jeremy Corbyn MP

Un Belgo-Marocain témoigne : « Invalide à plus de 80 % et torturé avec un cable électronique par la police marocaine»

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC par
La Belgique et le Maroc : une coöpération de plus en plus forte..

« En date du 18 août 2011, moi, Aboubakr Khoumeili, voyageur, le chauffeur belge de car et le patron de la société de car à BXL, sommes arrivés en avion, en provenance de Bruxelles National, à Tanger.

Le lendemain, nous avons quitté tous les trois, Tanger ville en car direction la douane Maroc-Espagne (Ceuta). Arrivés à la douane, le patron du car, quitte le véhicule et nous demande de le faire avancer de 200m, jusqu’au contrôle de la police des douanes. A partir ce moment, nous n’avons plus jamais vu le patron. Après 3 heures de fouille, la police découvre que les papiers du véhicule sont faux, ainsi que la plaque d’immatriculation et, le plus important, une cachette vide a été trouvée sous le plancher du car.

Nous avons été emmenés au commissariat de police de Tetouan, afin d’y être auditionnés par la police.

Moi, Aboubakr, j’ai été torturé très violement avec un cable électrique. Lorsque j’ai été torturé, la police marocaine, n’a même pas pris conscience, que je suis invalide à plus de 80 %. Mais où est donc le respect des ‘Droits de l’Homme’ ? Voilà comment la Justice marocaine pratique honteusement ses abus de pouvoir. La police nous a forcé à signer notre procès verbal, rédigé en arabe, sans interprète, alors que nous ne savons ni lire, ni écrire l’arabe.

Nous avons été retenus, 72h en garde à vue. Ensuite, nous avons comparu devant le Juge d’instruction, qui nous a libéré 3 minutes après en nous disant qu’on devait se représenter devant lui, le 20 septembre.

A cette date nous nous représentons. Un traducteur était enfin présent. On nous accuse alors, de trafiquant de faux papiers, de fausses plaques et de trafic de drogue. Alors qu’il n’ y avait aucune drogue dans le car. Les avocats nous informent qu’ils vont demander une remise de nos passeports.

Détail important : lorsque je suis arrivé dans le hall d’attente du Tribunal, un avocat s’est dirigé vers moi, en me disant : « Bonjour monsieur, je suis votre avocat ». Je lui ai alors posé la question :  » mais par qui êtes-vous envoyé ? », il m’a répondu : « par le Consul de Belgique ». Après mon passage devant le Juge, l’avocat m’a demandé de le suivre dans son bureau, afin de discuter. Lors de notre conversation, l’avocat a demandé 3000 euros, pour ses honoraires. Il a insisté pour que ma famille les verse via Western Union. Il m’a même présenté son GSM, afin que j’appelle ma famille devant lui. Le lendemain lorsque je me suis rendu au Consulat de Belgique, j’ai parlé personnellement avec le Consul, qui m’a bien certifié, que jamais le Consulat n’envoyait un avocat afin de défendre un citoyen belge. Quelle arnaque!

En date du 6 octobre, le Procureur exige notre emprisonnement. L’avocat m’informe de cette nouvelle par téléphone, en me disant que nous devons nous rendre à la police, afin qu’elle nous conduise en prison. Nous n’avons jamais reçu de convocation écrite. Le 27 octobre, nous décidons de prendre un autre avocat, qui nous certifie que nous allons récupérer nos passeports pour le 1 décembre. A cette date, il nous informe que la décision finale est reportée au 18 décembre. Le 18 l’avocat nous informe que la justice veut toujours notre emprisonnement. Sur le rapport de la décision finale, il a été rajouté qu’il y avait de la drogue dans le car, argument erroné afin d’avoir un élément suffisament valable, pour nous enfermer. Depuis le 19 août, nous étions donc retenus au Maroc d’une façon tout à fait illégale. »

 Photo Yabiladi : Turtelboom (Justice) et Reynders (Affaires étrangères) au Maroc en avril 2012, une coopération de plus en plus forte.

Appel à l’aide des détenus européens dans les prisons marocaines ! (Liste des noms, prisons et nationalité)

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC par

Le Comité des familles des prisonniers européens détenus dans les prisons marocaines nous demande de publier une nouvelle liste de noms des détenus (avec le nom de la prison et leur nationalité), signataires de l’appel à l’aide du 30 novembre 2012.

 

« C’est au nom du Comité des familles des prisonniers européens détenus au Maroc que nous vous envoyons ce communiqué pour dénoncer le mépris et l’abandon affichés par nos responsables en ce qui concerne le sort et les conditions de vie de nos frères , maris, fils , amis. Même leurs grèves de la faim préventives de trois jours les 22,23 et 24 octobre 2012 pour justement les alerter sur la grave situation qu’ils vivent n’ont rien changé. Certains sont innocents et ont été torturés. Pour la plupart d’entre eux les conditions carcérales sont inhumaines. Ils sont rackettés, ce qui nous coûte très cher. Et tant d’autres choses qu’ils n’ont pas cessé de dénoncer, pour beaucoup au dépens de leur intégrité physique.

Nous sommes constitués aujourd’hui de plusieurs familles espagnoles , françaises , belges , hollandaises , italiennes et portugaises, dont le premier pôle se trouve a Bruxelles et est géré par le militant Luk Vervaet (vervaetluk@gmail.com tel: 0032 478 653 378).

Nous tenons absolument a mettre en lumière les responsabilités des politiques, des gouvernements et de la communauté européenne dans ce qui devient aujourd’hui à l’évidence une complicité dans les cas de tortures et une complaisance dans leurs conditions en général. Cela fait des années pour beaucoup que le mutisme et l’indifférence de la part des responsables tue a petit feu.

Nous profitons donc de l’approche du 10 décembre, journée mondiale des droits de l’homme, pour tirer la sonnette d’alarme sur le sort que vivent ces prisonniers et nous, leurs familles. »

 

Ali Abouzid El jadida, France

Hajouli Youness Berrchid, France

Brahim Moussali Benslimane, France

Hicham Janebi, Salé1, Hollande

Ricardo Vindigni ou yindigni, Salé1, Italie

Karl Kartnaller Volker

Bernard Ameloot , Tatouan , Belgique

Jacob Freddy, Tetouan , Belgique

Philippe Salmon, Tanger , France

Antonio Espin Abellan, Tanger, Espagne

Miguel Muñoz Muñoz, Tanger, Espagne

Mohamed Oulad Ali, Salé2, Belgique

Younes Jlaydi, Tanger, France

Christopher Samir Soufi, Tanger, France

René Leprestre, Tanger, France

Mohamed Johri, Salé2, Belgique

Mohamed Azzedine Idrissi, Salé2, France

Mostapha Naïm, Salé2, France

Youness Hajouli, Berrchid, France

Rafik Guarchi, Mohammedia, France

Mohamed Bouloumat, Casa, France

William Duarte, Casa, France

Patricio Hernan Campos, Tanger, Espagne

Ricardo Molina Revilla, Tanger, Espagne

Jose Ramon Molina Revilla, Tanger, Espagne

Fernando Caoas Gonzales, Tanger, Espagne

Jorge Carmona CallaVez, Tanger, Espagne

Brahim Kamal, Tanger, France

Jafar Benkateb, Tanger, France

Amaza Kali, Tanger, France

Mohsin Abelandnen, Tanger, France

Farid Hamache, Tanger, France

Bilal Adad, Tanger, France

Zakaria Ekkorichi, Tanger, France

Amadi Amada Sal, Tanger, France

Sergi Otman Watabi, Tanger, France

Driss Bahaoui, Tanger, France

Douiheb Abduaid, Tanger, France

Enrique Pajero Mochon , Tanger, Espagne

Andrea Fioritto, Tanger, Italie

Fransisco Escobar Cespedes, Tanger, Espagne

Patrikk Baglio, Tanger, Espagne ,

Patricio Hernar Campos, Tanger, Chile

Daniel Odriguez Sanchez, Tanger, Espagne

Antonio Manuel Dominguez Ribeiro, Tanger, Portugal

Julio Rodriguez Montufo, Tanger, Espagne

Sebastien Ollos Lozano, Tanger, Espagne

Jeronimo Cara Espionosa, Tanger, Espagne

Radu Scripet, Tanger, Roumanie

Ricardo Benoliel Silva, Tanger

Jorge Tomag, Tanger, Portugal

Stefano Bertoni, Tanger, Italie

Angel Moreno, Tanger, Espagne

Adil Lamtalsi, Salé2,  France

Ossama Zeria, Berrechid, France

Kamel Zrida, Salé2, France

Amida Grari, Tanger, Pays-bas

Anis-aïssa Rnili, Tanger, Allemagne

 

 

Détenus européens dans les prisons marocaines : L’enfer de Tanger

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC par

L’enfer carcéral que décrivent trente d’entre-eux, signataires d’un «Appel aux vivants» annonçant leur grève de la faim de trois jours fin octobre, est un récit du Moyen-Âge, où la violence et les privations sont le lot quotidien de leur vie de taulards. Une vie marquée aussi par «l’indifférence de la France» à qui leur message de détresse est adressé.

«J’ai besoin de soins de la France»

«Les consulats de France sont inconséquents, absents», dénonce un prisonnier qui a souhaité garder l’anonymat. «Notre courrier n’arrive pas toujours, et ils n’hésitent pas à nous conseiller des avocats véreux», accuse un autre.

Une situation pourtant relativisée par un récent reportage d’une télévision marocaine francophone.

«À l’heure à laquelle je vous écris cette lettre, j’ai un bras dans le plâtre, et beaucoup de boutons sur le corps. J’ai besoin de soins de la France. Je suis français, j’aimerais beaucoup avoir de l’aide. Le Consul ne nous sert à rien. J’ai eu beaucoup d’accidents depuis neuf mois que je suis là, et il me reste 27 mois à finir donc je ne sais pas si je sortirais vivant», témoignait pourtant un prisonnier français dans un message adressé à une ONG locale.

Près de 70 autres prisonniers étrangers disséminés dans huit autres prisons du royaume ont rallié le mouvement pour attirer l’attention de l’Europe sur les conditions inhumaines de leur incarcération.

Satfilage, dont le nom évoque certainement un lointain passé colonial, est l’un des plus vieux pénitenciers du Maroc. Un lieu de perdition, où s’entassent ces captifs français pour la plupart tombés pour trafic de drogue. Prévue pour accueillir 450 prisonniers, la prison en compte plus de 2600.

C’est un concentré de Tanger la crue, celle des bas-fonds sordides dont le romancier Mohamed Choukri avait dépeint il y a déjà plus d’un demi-siècle le sombre tableau dans Le pain nu . Pas étonnant que ce bagne digne de Cayenne soit le plus cosmopolite du pays, et aussi celui qui compte le plus grand nombre de détenus français à l’étranger.

«Des cafards anthropophages»

«Je profite de ce que M. Mendès, rapporteur des Nations unies sur la torture et l’état des prisons au Maroc, soit en train de livrer ses conclusions, et qu’Hélène Conway Mouret, ministre déléguée des Français à l’étranger, se soit exprimée le 29 septembre à la télévision marocaine pour saluer l’avancée considérable de la démocratie au Maroc, et les efforts du royaume en matière des Droits humains, pour vous aiguiller sur mon environnement direct. Je vous écris depuis une paillasse de 60 sur 90 cm, que je partage avec une horde de « cafards anthropophages » qui laissent des marques de morsures sur l’épiderme», écrit Benoît, échoué à Satfilage comme le Billy Hayes de Midnight Express pour avoir tenté de faire transiter du cannabis vers la France. Il partage sa cellule de 25 m2 avec 35 autres prisonniers, soit un espace individuel de 70 cm2, au lieu des 6 m2 réglementaires.

«Pour la moitié d’entre eux, pas de paillasse, l’expression consacrée ici est « la gare », soit à terre, une coursive de desserte d’un mètre sur cinq», poursuit Benoît.

Dormir à «la gare» est, sauf exception, un passage obligé pour tout nouvel arrivant, car le délai d’obtention d’un semblant de lit peut prendre plusieurs mois, et encore faut-il avoir un matelas qui se résume souvent à une simple couche en éponge jaunie par les ans, l’urine, la crasse et mitée de morpions voraces.

«Il y a beaucoup de petites bestioles qui se cachent dans nos vêtements. Des rats, des chats, des araignées, des gros moustiques et des cafards. Je me gratte tout le temps, c’est insupportable. Les places sont payantes pour un lit, j’ai payé 200 euros au chef de chambre sinon il m’aurait mis en dessous d’un lit. Nous n’avons pas de fenêtres, on n’arrive pas bien à respirer. Je tombe malade très souvent, je respire très mal», se plaint un autre Français condamné à 3 ans ferme pour les mêmes motifs que Benoît.

Entassés comme des sardines

Comme eux, chaque année, des dizaines de Français, dont une partie possèdent la double-nationalité, sont arrêtés au port de Tanger-Med, point de passage des tonnes de haschich que les trafiquants tentent de cacher dans la carrosserie des voitures et des camions. Beaucoup sont des passeurs de drogue, des «mules» qui pour un transit réussi peuvent empocher jusqu’à 20.000 euros à l’arrivée. D’autres sont de simples consommateurs inconscients qui voulaient rapporter un «souvenir de vacances», la célèbre résine de cannabis de la région du Rif.

Tous sont logés à la même enseigne. Ils sont près de 200 à croupir dans les prisons du nord du Maroc, à Satfilage, mais aussi à Larache, Tétouan, Nador et Al-Hoceima. Une centaine d’autres sont disséminés dans d’autres prisons tout aussi infernales, à Casablanca, Salé, Mohammedia, Kénitra, Berrechid, Fès ou Marrakech.

«Ici, rien n’est normé: câbles électriques à nus, disjoncteurs hors d’âge ou inexistants, douilles, ampoules et détergents pour les sols à la charge des détenus, confusion totale entre toilettes, salle de bain et évier, réchauds à résistances apparentes, pas de fenêtres, mais des meurtrières sans vitres à barreaux. Je me montre synthétique pour ne pas en rajouter, parce que j’ai parfois envie de hurler», raconte Benoît.

Ce que décrit ce détenu de Satfilage n’est pas une exception. D’autres prisonniers et des rapports d’associations des droits de l’Homme décrivent le même calvaire dans la plupart des geôles chérifiennes: des cellules de 40 m2 où s’entassent jusqu’à 80 personnes dans des conditions aussi terribles. Des photos qui circulent sur Internet montrent des hommes serrés comme des sardines, dormant parfois jusque sur le trou des toilettes turques qu’ils recouvrent d’une couverture.

Pour échapper à l’air saturé des cellules, ils doivent soudoyer les mâtons pour qu’ils gardent entrebaîllées les lourdes portes en fer qui doublent les grilles. «Le problème, c’est que la prison est peuplée de hordes de chats affamés qui s’introduisent en cellule pendant la promenade et mangent nos provisions», se plaint un autre français incarcéré lui à Oukacha, la plus grande prison marocaine de Casablanca.

Couteaux et rasoirs vendus par les matons

La galle, la dysenterie et les maladies de l’appareil respiratoire font des ravages parmi les prisonniers. «Il va de soi que dans de telles conditions, il est impossible de sacrifier à l’hygiène, qu’elle soit corporelle ou mentale. Au moment où j’écris ces lignes, on emmène un infirme de la jambe droite à l’infirmerie pour tentative de pendaison dans le réduit toilette-évier-douche», raconte Benoît.

Selon l’Observatoire marocain des prisons, une organisation qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les conditions de détentions dans le royaume, la plupart des décès qui surviennent en captivité sont d’origine suspecte.

Si les détenus ne meurent pas d’infections ou ne se suicident pas, ils succombent aux mauvais traitement ou suite à des actes de violence: «60 à 70% de la population carcérale porte les stigmates d’automutilations ou de joutes, souvent au couteau ou au rasoir, souvent vendus par les gardiens».

«Quel que soit l’âge, les dentitions sont affectées dans les mêmes proportions, ce qui m’amène à parler de soins: pas ou peu de médicaments, de consultations, un jour de visite par quartier et par semaine, erreurs de diagnostics en l’absence de médecins, car médication quand même. Exemple : spray antiparasitaire pour un asthmatique, bandage pour une double fracture», poursuit Benoît.

Difficile en effet de penser aux soins, lorsque l’on sait que le Maroc dépense à peine 30 centimes d’euros par détenu et par jour, une parcimonie aux conséquences désastreuses. «Un ex-champion d’Europe de boxe anglaise a été libéré il y a peu sans dents, pour cause de traitement inapproprié. Patrick F. ex-corps de l’armée de terre française, est mort il y a deux semaines, faute d’avoir été transféré à Rabat assez tôt, au profit d’un autre jeune homme dont le pronostic vital n’était pas engagé», relate Benoît.

600 euros par mois pour survivre

Pourtant l’économie des pénitenciers marocains est florissante, grâce au racket et à la corruption. Car «la prison coûte cher, horriblement cher ici», assure un ex-prisonnier français. «Là-bas, pour 300 euros, tu cantines plutôt bien quand tu es non-fumeur. Il faut compter 100 euros par semaine pour la nourriture, plus 50 euros pour payer les différents services aux matons, ce qui revient à 600 euros par mois, juste pour avoir le minimum vital», explique-t-il.

À Tanger comme dans les autres «centrales» marocaines, le prisonnier achète tout, même ses droits, et parfois bien plus. Au parloir, des essaims de mères et épouses en djellabas apportent des couffins de victuailles à leurs proches. Dans le vacarme assourdissant où familles et détenus hurlent pour se faire entendre, pour cinq euros, les matons ferment les yeux sur un téléphone portable camouflé dans une baguette de pain, une bouteille d’eau minérale remplie de vodka ou une de Coca pleine de vin rouge.

«Pour 10 ou 20 euros, tu peux même faire passer une friteuse ou un barbecue», affirme un autre détenu français qui a déjà tenté l’expérience avec succès. Jusqu’à la prochaine fouille, la redoutable «faille» comme l’appellent les prisonniers marocains, où tout ce mobilier de fortune est confisqué par les mêmes qui l’ont fait passer. Pour le récupérer, il faut encore payer. «Ici, l’argent est roi. La corruption est une respiration simple et naturelle», résume Benoît.

Les détenus français qui ne reçoivent pas de mandats de leur famille, ni de ration hebdomadaire, risquent très vite de présenter des signes de malnutrition.

«Les matons sont des vauriens, ils ne savent que vous demander de l’argent. Moi ce n’est pas mon délire. Je n’arrive même pas à vivre avec le peu d’argent que ma mère m’envoie. Je mange avec, mais parfois je n’ai rien à manger. Tout est à notre charge. Il faut tout acheter je vous dis», déplore un autre détenu français.

L’Espagne donne 100 euros, la France rien

Consciente de cette réalité, l’Espagne alloue une somme de 100 euros par mois à chacun de ses ressortissants incarcérés qui constituent le plus grand contingent des détenus tangérois. La France, rien. «Le pire, c’est que nous sommes perçus comme des riches, puisque nous sommes européens», regrette un ancien de Satfilage.

Ceux qui ne reçoivent aucune aide familiale sont condamnés à travailler. Au Maroc, cela veut dire se mettre au service d’un autre prisonnier, souvent le chef de chambrée, ou se prostituer. Pour les ex-trafiquants de drogue, pas la peine de penser à perpétuer le business dans les murs de la prison, le marché est déjà pris par les petites mains de l’administration.

«Le comble pour nous, c’est d’arriver dans une prison où l’on trouve de l’héroïne, des cachetons, du shit, de la coke, de la colle… Cela deal grave à l’intérieur», explique un jeune franco-marocain. Le trafic est organisé par les gardiens, et le bénéfice généré remonte très haut dans la hiérarchie pénitentiaire, jusqu’aux plus hautes sphères de l’administration, selon le rapport de Juan Mendès rendu public en août 2012.

Dans cet univers de non-droit, le seul espoir des détenus français est le transfert vers les prisons de l’Hexagone où ils peuvent espérer des réductions de peine, car souvent la justice marocaine a la main très lourde, mais les procédures prennent toujours de longues années dans les dédales de la bureaucratie locale et à cause, affirment-ils, du peu d’entrain manifesté par le Quai d’Orsay.

Zineb El Rhazoui 

SOURCE

« Abou Ghraïb au Maroc », un article de Taoufiq Bouachrine

dans DANS LA PRESSE/LA PRISON AU MAROC/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS/TORTURE par

Quelle est donc cette capacité d’encaissement que possède Benhachem ? Et quel est cet aplomb que l’ancien collaborateur de Driss Basri à la Sûreté détient pour rester aussi impassible, ses nerfs comme placés dans un frigo, du début à la fin de l’audience du CNDH où il a entendu les pires choses sur les prisons dont il a la charge ?

 

Coups de bâtons et de tuyaux en plastique, « suspension » en l’air des prisonniers attachés avec des menottes, à la porte de leurs cellules, pendant de longues durées, coups de poings, brûlures, coups de pieds, dénudement intégral des détenus et exposition de leurs corps nus aux regards des autres, insultes avec les mots les plus orduriers et les plus méprisants et avilissants qui soient…

 

Que manque-t-il donc pour rebaptiser le Haut-commissariat à l’Administration pénitentiaire en Abou Ghraïb ? Ah oui, j’oubliais… il existe quand même une forme de torture qui n’est pas du tout appliquée dans les prisons de Benhachem : le harcèlement sexuel des prisonniers par des blondes et leur obligation à avoir des relations sexuelles avec elles, comme cela se produisait dans la sinistre prison d’Abou Ghraîb, en Irak…

 

Le rapport, dont la rédaction aura nécessité cinq mois d’enquêtes dans les différentes et nombreuses centrales d’arrêt au Maroc, n’a pas été élaboré par un organisme indépendant de défense des droits humains, pas plus qu’il n’est le fait d’une ONG ou institution internationale, ni même d’un organe d’opposition, mais bel et bien d’une institution officielle, dont le président et le SG ont été désignés par dahirs royaux… et c’est bien pour cela, surtout pour cela, que ce rapport terrible sur l’effrayante situation qui prévaut dans les prisons ne doit pas être rangé soigneusement dans un tiroir, et oublié, comme si de rien n’était.

 

Si le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a mis le doigt sur une plaie béante de notre société, cela aura permis de redonner un peu de crédibilité et d’indépendance à cet organisme né handicapé. Cependant, on peut également reprocher au CNDH de s’être arrêté en milieu de chemin en essayant de blanchir Benhachem de toute implication directe dans ce qui se produit comme traitements dégradants et humiliants, chaque jour, dans ses geôles, comme si c’étaient des êtres imaginaires qui dirigeaient ses prisons et officiaient dans leurs administrations.

 

Benhachem est juridiquement et administrativement responsable de qui se passe dans une institution qu’il dirige de la manière la plus directe qui soit, dont il nomme les directeurs et responsables des centrales d’arrêt et où il prend toutes les décisions. Le seul chose qui lui reste à faire est de présenter sa démission et de s’en aller. Immédiatement. Et le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, est également responsable sur les plan juridique, politique et même (et surtout) moral sur ces faits qui se produisent dans les prisons du royaume, car le Haut-commissariat à l’Administration pénitentiaire relève de la présidence du gouvernement. Quant à Mustapha Ramid, le ministre de la Justice, il est à son tour responsable, et lui aussi, sur les plan juridique, politique et même (et surtout) moral et, de ce fait, il lui appartient d’ordonner l’ouverture d’une instruction judiciaire sur les faits rapportés par le rapport du CNDH ; son ministère doit reprendre les points de ce rapport et interroger les responsables en garantissant les protections légales aux témoins afin de les protéger et les prémunir contre toute vengeance des accusés… accusés de tortures et de mauvais traitements…

 

Par ailleurs, la torture dans les prisons revêt plusieurs formes. Ainsi, en plus des comportements sadiques de certains responsables et gardiens de prisons, il y a aussi le problème de la surpopulation carcérale (65.000 détenus pour une capacité de 30.000 places) ; et puis, les prisons au Maroc n’assurent pas le minimum alimentaire à leurs pensionnaires puisqu’il est admis qu’un prisonnier coûte quotidiennement 20 DH à l’Etat, une somme englobant son alimentation, en plus des dépenses d’eau et d’électricité ; le budget des dépenses des prisons, au niveau national, ne dépasse guère 556 millions de DH annuellement, et leur budget global pour 2013 sera de 2,2 milliards de DH, avec une augmentation de seulement 200 millions de DH par rapport à l’année passée. Cela est nettement en-deçà des besoins… et si l’Etat se montre ainsi incapable de s’occuper de 65.000 citoyens dans des conditions humaines décentes, comment pourrait-on attendre de lui qu’il prenne en charge les 34 millions d’autres personnes, qui vivent à l’extérieur des murs des prisons ?

 

Comment donc le chef du gouvernement peut-il manger, boire et dormir alors que dans tous les coins et recoins des prisons et pénitenciers du royaume, des êtres humains vivent dans des conditions moyenâgeuses, torturés, battus, humiliés, brûlés ?… Il s’agit là d’une véritable marque d’infamie sur le front des responsables de ce gouvernement, et plus généralement de tout responsable de ce pays qui peut faire, qui peut dire, qui peut dénoncer… et qui se tait… La moindre des choses que pourrait faire Benhachem est d’envoyer Benhachem en retraite et de réviser cette pratique, cette erreur, consistant à faire appel à cette ancienne mentalité, dépassée et renfermée sur elle-même, pour diriger les prisons du royaume.

 

Votre silence, Messieurs, ne fait que prolonger l’existence de ces prisons de la honte !

 

 

Un nouveau rapport choc ! Le CNDH de Mohamed VI reconnaît « la torture et les traitements cruels dans la plupart des prisons marocaines »

dans COMMUNIQUES DE PRESSE/LA PRISON AU MAROC/ORGANISATIONS POUR LES DROITS DE L'HOMME / FOR HUMAN RIGHTS par

Photo : conférence de presse CNDH à Rabat

 

Du jamais vu. Et une gifle à tous ces fidèles défenseurs du régime marocain, qui n’arrêtent pas de nous assurer qu’au Maroc « rien n’est plus comme avant ». Le mardi 30 octobre 2012, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a démontré le contraire. Lors d’une conférence de presse à Rabat il a présenté son rapport choc, intitulé : “La crise des prisons, une responsabilité partagée : 100 recommandations pour la protection des droits des détenu(e)s”.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH)

Le CNDH a été créé en mars 2011 par le roi Mohamed VI lui-même. Il en a nommé tous les membres. Après les manifestations de masse du Mouvement du 20 février, qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes, réclamant le respect des droits de l’homme, sa création avait été annoncée comme « une des réformes globales menée par la monarchie », voulant éviter ainsi une révolution à la tunisienne ou à l’égyptienne. Force est de constater que, depuis lors, cette « reforme globale » de la justice ou du système carcéral n’a jamais eu lieu.

Ces derniers mois, il y a eu pas moins de trois rapports officiels sur les conditions infernales qui persistent dans les prisons marocaines, et que le nouveau rapport du CNDH ne vient que confirmer.

Des rapports successifs..

En juillet 2012, un rapport sur la prison de Oukacha (Casablanca) de la Commission de la Justice, de la législation et des droits de l’Homme du parlement marocain, dénonçait les conditions carcérales constatées lors d’une visite d’inspection à cette prison : « 4 détenus enfermés dans une espace de 2 m² », « 7.572 prisonniers pour une capacité de 5800 détenus », « manque d’infrastructure de base », « absence des “conditions de santé adéquates », « qualité de la nourriture qui laisse à désirer ». Puis, il ya eu le rapport provisoire de Juan Mendez, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture en septembre et en octobre 2012 (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/). Suivi le 25 septembre d’une condamnation ferme de la pratique systématique de la torture au Maroc par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (http://www.freeali.eu/2012/10/17/torture-la-cooperation-judiciaire-avec-le-maroc-ne-peut-plus-continuer/)                                          photo : Juan Mendez à la conférence de presse à Rabat

 
.. avec toujours le même constat.
 

Le rapport du CNDH se base sur des visites des membres du Conseil effectuées dans 15 établissements pénitentiaires durant la période allant du 31 janvier au 19 juin 2012. De ce rapport « un résumé exécutif du rapport sur la situation dans les prisons et des prisonniers » est disponible 1 Bien qu’il ne s ‘agit que d’un résumé de 14 pages, l’image de la situation carcérale marocaine y apparaît dans toute sa clarté. On peut y lire que le Conseil « a voulu s’arrêterde manière objective et précise, sur les violations qui pourraient porter atteinte aux droits des détenu(e)s ». Chose nouvelle : il s’agit d’exactions commises par le personnel des prisons. Donc survenues après que ces détenus ont déjà subi les interrogations par la police ou la DST : « Ces violations (dans les prisons) se manifestent par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l’aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds (FALAQA), les gifles, les pincements à l’aide d’aiguilles, les brûlures, les coups de pied, le déshabillage forcé des détenus au vu et au su des autres prisonniers, les insultes et l’utilisation d’expressions malveillantes et dégradantes portant atteinte à la dignité humaine des détenus. Ces exactions ont été observées dans la plupart des prisons visitées avec une prévalence et une intensité qui diffèrent d’une prison à une autre, à l’exception des prisons d’Inezgane et de Dakhla où seuls des cas isolés ont été enregistrés. » (page 4).

On apprend aussi que dans la plupart des prisons « l’alimentation amenée par les familles est parfois refusée ou détruite (!); l’existence d’une pratique de punitions collectives; des transferts administratifs comme mesure disciplinaire… »

Le rapport insiste sur l’absence total « de procédures et de mécanismes de contrôle, d’enquêtes au sujet des plaintes déposées à l’encontre du personnel, y compris le personnel sanitaire, ou au sujet des violations relatées par la presse et les associations. Il y a la « non effectivité du contrôle judiciaire » (page 5). En un mot : l’arbitraire et l’abus du pouvoir règnent dans les prisons marocaines.

Deux (!) libérations conditionnelles en 2011

Je prends à titre d’exemple quelques chiffres et données dans le résumé qui nous donnent une idée de la situation des prisons marocaines : « le pourcentage de détenus incarcérés pour trafic et/ou consommation de drogues s’élève à 37,25 % du nombre total de détenus ». C’est-à-dire que presque 1 sur 2 détenus est en prison pour des affaires de drogues. Dans les recommandations du Conseil, on peut lire qu’on doit « mettre à la disposition des détenus suffisamment de couvertures, de matelas et de vêtements » et qu’il faut « la distribution juste et équitable des couvertures à l’ensemble des détenu(e)s sans exception. » (page 10). Ce qui veut dire qu’il y a des détenu(e)s qui n’en reçoivent tout simplement pas. A signaler aussi : la nourriture qui est insuffisante, pas de qualité ou trop chère dans les cantines; les soins médicaux inexistants ou insuffisants. Aussi faut-il, dit le rapport : « équiper les parloirs de toutes les prisons en chaises et tables en vue d’améliorer les conditions d’accueil des familles. » (page 10). L’image humiliant de familles assises par terre n’a pas échappé au Conseil.

Et puis, il y a la surpopulation carcérale dramatique qui, selon le Conseil : « contribue à la survenance des violations graves qui touchent essentiellement les prestations, la santé, l’hygiène, l’alimentation et la sécurité d’un côté et la réhabilitation des détenus d’un autre ». (page 7).

Pour le Conseil les raisons de la surpopulation sont les suivantes : « Le surpeuplement est dû en grande partie à la détention provisoire qui concerne 80% des détenus, au retard enregistré dans le jugement des affaires, à la non-application de la liberté conditionnelle et à l’absence de normes objectives dans la procédure de Grâce ». En langage normal, on peut dire qu’au Maroc la prison est utilisée pour terroriser les pauvres et tous ceux qui dérangent. On peut vous mettre en prison à tout moment et pour tout en n’importe quoi. Si vous avez de la chance, vous bénéficierez d’une peine avec sursis ou un non lieu ou serez reconnu innocents, à moins de bénéficier d’une Grâce Royale, accordée de manière aussi arbitraire que les arrestations. « Chaque année des milliers (!) de personnes incarcérées bénéficient d’un non-lieu, sont acquittées ou condamnées à des peines avec sursis » (page 11). S’ajoute à cela, la non-application de la libération conditionnelle, pourtant prévue par la loi. Ainsi, on ne compte que « deux libérations conditionnelles en 2011 ». (page 4) La libération conditionnelle « est refusée à la majorité des demandes formulées. » Pourtant, parmi ceux qui auraient pu en bénéficier en 2011, se trouvaient « 17939 détenus qui ont purgé les deux-tiers de leur peine, les personnes âgées, les 9228 condamné(e)s à moins de six mois et les personnes atteintes de maladies chroniques » (page 11)

les femmes détenues et leurs enfants.

Les femmes détenues : « .. pâtissent davantage… de traitements cruels et comportements dégradants (insultes, humiliations), aussi bien dans les postes de police qu’en prison .» (page 6). Le Conseil constate « (…) l’exiguïté de l’espace », réservé à ces femmes dans « plusieurs prisons, l’absence de crèches et de moyens de divertissement pour ces enfants … Dans les cas où les crèches existent, elles ne sont pas équipées. A l’expiration du délai, qui leur est accordé pour garder leurs enfants, et en l’absence des proches ou devant leur refus de les prendre en charge, les détenues sont contraintes de les abandonner à des tiers qui les exploitent dans certains cas dans la mendicité ou les placent dans des orphelinats ». « Les détenues incarcérées pour des affaires de moeurs sont particulièrement visées par certaines surveillantes ». (page 6)

Les mineurs.

Au Maroc on peut être mis en prison à partir de 12 ans. Le Conseil propose d’élever cet age à 15 ans. Et de commencer à prendre des mesures pour remédier à : “la non existence d’une police des mineurs et de lieux de garde à vue ad hoc, la non existence de substituts du procureur du Roi spécialisés dans la justice des mineurs, le manque de moyens humains et matériels à même de garantir qu’aucun préjudice ne soit causé aux mineurs en garde à vue ou la non information des parents dans certains cas des dispositions prises.

100 recommandations, mais aucune sanction.

Le rapport dénonce aussi le racisme et l’isolement total dont sont victimes les détenus étrangers de la part des autres détenus et du personnel « à cause de leur couleur ». Souvent personne n’est mise au courant de leur présence en prison.

Mais après tout cela, on se demande à quoi va servir ce rapport ? Quel sera la suite ? Bien qu’il ose dénoncer des situations accablantes dans le monde carcéral, il y a raison d’être particulièrement méfiant par rapport à la suite de ce rapport du CNDH. S’agit-il d’une nouvelle manoeuvre du régime pour prouver à l’opinion publique et internationale « qu’il y a un esprit d’ouverture  au Maroc», que le Maroc « travaille au changement positif », « qu’il est en train de développer une culture de respect des droits de l’homme en vue de l’élimination de la torture dans un futur proche» ? Bref, ce rapport sera -t-il l’occasion pour répéter les formules et les promesses qu’on entend depuis trop longtemps? Et qui pourraient ouvrir au Maroc la porte au Comité des droits de l’homme de l’ONU pour y occuper un siège permanent, que le Maroc veut obtenir à tout prix.

Le rapport fait état de tout…

Sauf des prisonniers politiques et de leur torture systématique, surtout quand il s’agit de « terrorisme » et de la « sécurité nationale ». Comment ne pas mentionner l’état dans lequel ces détenus, comme Ali Aarrass et tant d’autres, arrivent en prison, après leur passage par les mains de la DST et la brigade BNPJ ? Comment nier qu’il n’y a aucune reconnaissance de ces faits, pas de suite aux plaintes des torturés, pas d’examens médicaux impartiaux et objectifs.., comme le dit Juan Mendez ?

Le rapport parle du « personnel » dans les prisons, responsable pour les tortures. Une demande de démission immédiate et de punition par la justice de ses auteurs ne se retrouve pas parmi les 100 recommandations. Le rapport évite aussi soigneusement de citer ne fût-ce qu’un des responsables au plus haut niveau, qui portent pourtant la responsabilité finale pour la torture. Or, sans nettoyer à fond le sommet de l’appareil de l’état, toute idée de changement restera une illusion.

Le Conseil se limite dans sa « conclusion générale » à la nécessité « d’accélérer le processus de ratification du protocole facultatif à la Convention internationale contre la torture », «de la mise sur pied d’un mécanisme national et indépendant pour la prévention de la torture », et « de l’élaboration un plan d’action pour l’éradication de la torture ». Mais la torture n’est-elle pas déjà considérée comme un crime dans la nouvelle constitution marocaine sans que cela a changé quoi que ce soit?

Quand on fait 100 recommandations, c’est souvent pour noyer le poisson. Donnez-nous cinq recommandations et surtout cinq mesures concrètes qui visent l’essentiel, au lieu de 100 qui parlent de tout et de rien, et qui permettront de dire, en 2013, qu’on a quand même obtenu quelque chose (une crèche par ici, un matelas par là), sans toucher au coeur du problème. Réclamer la punition des responsables serait un signe clair. Exiger la libération immédiate des prisonniers politiques et de toutes les victimes de la torture, avant et pendant leur incarcération, en serait un autre.

Luk Vervaet.

1http://www.lesechos.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=26889:rapport-cndh-la-crise-des-prisons&catid=22:documents-utiles

APPEL ! Ce dimanche 11 novembre à 15h au Botanique le documentaire « Ali Aarrass, pour l’exemple » + débat (Situation du dossier Ali Aarrass, des droits de l’Homme au Maroc, la question de la double nationalité…)
Dans le cadre du Festival du Cinéma Méditerrannéen.
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