« Lovebirds : le déclic a été une lettre de prison d’Ali Aarrass ». Une interview de Philippe et Arthur Tasquin par Claude Semal (asymptomatique.be)

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J’ai connu Philippe Tasquin quand il était encore un bébé-Maurane dans la région verviétoise. Je crois même avoir été là le jour où il rencontra Isabelle Lamouline, la maman d’Arthur, à une terrasse fraîche et mousseuse devant l’Espace Delvaux. Bruxelles est un grand lit.
Ce surdoué de la musique a fait depuis trente ans une carrière de chanteur « à la belge », en passant sous le radar des grands médias, tout en développant parallèlement ses qualités d’instrumentiste, de compositeur et d’arrangeur.

Il tourna plusieurs saisons en duo avec Vincent Trouble, en solo ou avec un quatuor à cordes, et fut notamment le « chef d’orchestre » de tous les spectacles musicaux de Charlie Degotte. Il a composé récemment, au Théâtre du Parc, la musique d’une comédie musicale autour du Livre de la Jungle. Depuis plusieurs années, pour faire bouillir la marmite, il prête aussi sa voix, dans les studios de doublages, aux dessins animés les plus schroumphants. Allez-visiter ci-dessous le CV, le site et le parcours de cet homme-orchestre : vous serez bluffé.

« Lovebirds » est une magnifique réalisation père-fils, un vidéo clip fait maison, un chef d’oeuvre du confinement « made in Saint-Josse ». N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux (il y a un bouton à la fin de l’article justement fait pour cela).

Claude Semal, le 24 mars 2021.

Claude : Je connais assez bien le travail de Philippe. Mais toi, Arthur, ton parcours, c’est quoi ?

Arthur : Je suis infographiste 3D. J’ai étudié à Albert Jacquard, une école de graphisme à Namur. Trois ans en 3D, plus une année de spécialisation en jeux vidéo. Pour notre travail de fin d’étude, on avait coréalisé un clip à trois, avec deux autres élèves, dont mon père avait déjà fait la musique. C’est donc notre second travail en commun, mais le premier réellement en duo.

Claude : Tu n’as même pas fait un petit stage en Californie ?

Arthur : Non, non, j’ai tout appris en Belgique.

Claude : Philippe, tu chantes en anglais, mais mon anglais se limite à la lecture des modes d’emploi sur les paquets de cigarettes. Et en plus, je ne fume pas. Explique-nous ce que tu as voulu dire dans cette chanson… ?

Philippe : Le point de départ… C’est une chanson d’amour pour ma compagne. Et ce thème musical, en forme d’aria d’opéra, m’est venu naturellement sous les doigts, plutôt lancinant et pesant,… bref, tout le contraire de notre relation (rires).
Je me suis demandé comment concilier le thème et ma chanson d’amour, et le déclic a été une lettre de prison d’Ali Aarrass, un belgo-marocain qui a la double nationalité, et qui a été emprisonné douze ans dans une geôle marocaine. Dans des conditions atroces, parce qu’il était suspecté de terrorisme. Il a été lavé de tout soupçon, mais il a passé douze ans en prison. Et la Belgique n’a pas sorti le petit doigt pour le sortir de là, il n’a même pas bénéficié de l’assistance consulaire. Sa lettre m’a bouleversé : Il demande qu’on lui rappelle ce que signifie la liberté et la justice, car lui ne sait plus ce que c’est…

Claude : Bref, tout ce qu’il faut pour faire une chanson d’amour… (rires).

Philippe : Tu l’as dit ! Tout s’est un peu mélangé. J’ai imaginé la situation d’un gars en prison qui s’adresse à son amour. Qui pouvait aussi être, allégoriquement, la prison intérieure que nous portons souvent en nous. Il lui demande de raviver ses souvenirs de liberté, de la sensation d’une étreinte…Elle se matérialise sous la forme d’ailes blanches pour le délivrer. Puis j’ai terminé cette chanson juste avant le confinement. Elle a alors immédiatement pris une signification différente, plus collective et plus universelle. Un cri d’amour dans une société inhumaine. Ce qui est dingue c’est que Ali a été libéré au milieu du premier confinement. C’était comme si le monde entier se transformait en prison. C’était une situation absurde et cauchemardesque et qui convoquait une foule d’images.
Bref, j’en ai parlé à Arthur, qui a amené son propre univers, plus anxiogène, qui évoque une société dystopique de surveillance généralisée, où chacun est captif et seul. C’est pour cela que j’ai tenu à citer aussi Assange dans le générique qui nous a alerté sur cette dérive, et qui, c’est le moins qu’on puisse dire, en paie le prix.
Maintenant après avoir dit ça, je me rends compte que rien n’est explicite, et je constate autour de moi que certains y voient d’autres choses, qui leur appartiennent. Il y a plusieurs lectures et ça me plaît.

Claude: Arthur, comment traduit-on visuellement une idée ou une chanson ? Tu sembles avoir imaginé un monde-univers, une identité graphique forte, qui évoque un peu un « niveau » dans un jeu vidéo. Qu’est-ce qui t’a inspiré cela ?

Arthur : J’ai été influencé par plusieurs œuvres qui entraient en résonance avec mes premières semaines de confinement. Le film « Blade Runner », ou un jeu vidéo qui s’appelle « Contrôle » ont été une grande source d’inspiration pour moi. Ces deux œuvres transmettent des émotions fortes par l’image, et qui s’adressent je crois à tout le monde.

Claude : Techniquement, comment as-tu procédé ? On part de croquis, des dessins, de photographies, et on les anime ? Ou bien de formes numériques préformatées qu’on adapte au sujet ?

Arthur : C’est un peu un mélange de tout. La 3D, c’est à la fois très technique et très artistique. Comme on crée des images en mouvement, il faut avoir une vision artistique des formes, des couleurs, de la composition, du montage… Dans ce clip-ci, il y a 29 plans. Cela prend énormément de temps. On utilise donc des tas d’outils informatiques pour ne pas devoir redessiner chaque petite feuille. On imagine souvent la 3D comme un truc très obscur où tu dois encoder des lignes de chiffres et de lettres pour créer du visuel. C’était peut-être comme ça au début de l’infographie lorsqu’on avait encore du mal à afficher un cube à l’écran. Aujourd’hui, c’est plus intuitif, on utilise beaucoup de logiciels graphiques, de banques d’images, on part de formes simples qu’on complexifie et qu’on personnalise peu à peu.

Philippe : Je fais un peu la même chose avec le son, je mélange des banques de « samples » orchestraux très sophistiqués, à la recherche de la bonne articulation, de la bonne perspective. Quelquefois je mélange avec des sons acoustiques. Ici tout est programmé, sauf la voix, seul élément « physique » dans ce monde numérique. Mais ça reste de l’artisanat. Et à la base le travail d’écriture et de composition reste le même.

Claude : quel effet cela vous fait, d’avoir travaillé en duo père-fils ? Ca n’arrive pas si souvent que cela.

Arthur : Cela marque une étape, c’est vraiment quelque chose qu’on a fait à deux. On est fier d’avoir fait ce travail « en famille » (rires).

Philippe : C’est une sensation formidable cette collaboration musique et images, père/fils. Je suis vraiment fier qu’Arthur ait été au bout du processus. C’est parfois très éprouvant de travailler seul, de trouver la motivation. J’ai été vraiment bluffé par le résultat. C’était fascinant pour moi de littéralement « voir » ma musique. Je ressens paradoxalement quelque chose de très pur dans cette mise en images numérique. Et puis je me suis dis que j’avais été finalement bien inspiré de lui faire découvrir « Brazil » et « 2001, l’Odyssée de l’Espace » quand il était tout petit (rires).

Claude : Tu sais à quoi cela m’a fait penser ? Au « chef d’œuvre » des Compagnons du Tour de France, qui vont se former un peu partout chez des artisans, et qui pour « coiffer » la fin de leur formation, réalisent une pièce technique particulièrement réussie, pour montrer leur savoir-faire, et annoncer leur entrée dans la vie active. Pour toi Arthur, ce clip, c’est une sorte de carte de visite ?

Arthur : Oui, mon but, c’est quand même d’aller travailler à l’étranger dans une boîte de jeux vidéo. Pour présenter mon travail, c’est évidemment une belle pièce dans un « book ». Tu sais, pour trouver du travail, quand je suis sorti de l’école, j’ai passé six mois à développer mon propre jeu vidéo. Mais c’est très compliqué de se lancer seul. En Belgique, surtout en région wallonne et à Bruxelles, on a de bonnes écoles, mais par rapport à d’autres pays, les studios de jeu vidéo ne sont pas assez développés. Et quand Ils engagent, ce ne sont pas des « jeunes » qui sortent des écoles, mais plutôt des « seniors », avec de l’expérience.

Philippe : Tu sais, pour moi aussi, c’est une carte de visite … C’est une autre façon de faire entendre ma musique. Et il y a aussi de la musique dans les jeux vidéo ! Tu le sais, notre secteur musical est complètement sinistré, et encore plus avec le COVID. Il faut reconnaître que la numérisation, le streaming, ont en quelque sorte dévalorisé la musique. Sortir un album ne constitue malheureusement plus un événement.
Alors que le binôme image-musique, cette forme relativement nouvelle, dans les clips et les jeux vidéo, garde quelque chose d’assez excitant, d’encore novateur. Cela peut donc nous ouvrir des portes, élargir notre champ de travail. Il faut trouver de nouvelles formes.

Claude : Bon, merci beaucoup, les gars. Vous le savez, l’avantage d’un webmagazine sur un « bête » journal, c’est qu’on peut publier du son et des images. N’hésitez donc pas à nous envoyer tout ce qui peut être partagé.

Philippe : Je voulais encore te dire qu’on a reçu un mot d’Ali Aarrass, qui avait été très touché par la chanson.

Claude : Génial.

Philippe : On va certainement se voir. Son combat pour la justice ne fait que commencer.

Mercredi 24/3/2021 : Ali Aarrass à la radio et sur La Une (RTBF)

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Photo/Picture :  Thomas Nolf

Á la radio La Première à 7h.10

 

 

 

 

 

Sur la Une à 19h30

 

Lovebirds, by Philippe et Arthur Tasquin, a song and artwork for the prisoners (Ali Aarrass, Julian Assange and all the others)

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Lovebirds is a collaboration between a father and a son who wanted to create something together. This project is about the loneliness and pain of being far from our loved ones. It explores a dystopic society where everyone is captive and separated.
For optimal viewing experience, please watch this clip at full screen in 4K with ample sound.
For more visuals and in depth breakdown, please visit :
artstation.com/arthurtasquin

LYRICS
My love my darling
I hear you crying
Behind the walls
From the dark world of shadows

I’m such a long time in prison
Waiting for another season
Now it’s time to free
The blackbird inside me
And let it go…

Whispering in the breeze
What it’s like to be free
How it feels to be home in your arms
Run the earth
Touch the sky
And then send back to me
All those precious memories

Could it be some delusion
Now I see in a vision
White wings take shape in the moon
White wings approach
And fly me away

CREDITS
A song by Philippe Tasquin
Directed by Arthur Tasquin

LINKS
Philippe Tasquin
_____________________________________________________
youtube.com/channel/UC6EtqaQMOJmPNNhB3qV112Q

Arthur Tasquin

Ali Aarrass témoigne ! Riftime, Hirak Presse, Dounia Filali TV, Mohamed Hajib officiel (mars 2021)

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Live ig Ɛali Ɛarras https://www.facebook.com/Riftime77/videos/358996555184011

 

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ندوة رقمية مع المعتقل السابق علي اعراس وعضوين من لجنة دعمه:
السيد Luk Vervaet
والسيدة Khadija Senhadji
هما معا من لجنة « الحرية لعلي » »comité Free Ali »
 
 
 
#دنيا_فيلالي​​​ #dounia_filali​​​ #المغرب​​دنيا فيلالي | أين الأميرة سلمى + أساليب السلطة الحقـ ـيرة + علي أعراس و التعـ ـديب

دنيا فيلالي | أين الأميرة سلمى + أساليب السلطة الحقـ ـيرة + علي أعراس و التعـ ـديب

 https://www.youtube.com/watch?v=iB8C2iSgFM
 
 
 
Mohamed Hajib Officiel

https://www.facebook.com/mohamedhajib40/videos/298201798304020 

Artikel verschenen in Nederland : ASIS AYNAN : Het heelal is oneindig, net als het onrecht dat Ali Aarrass is aangedaan . Klik hier 

Douglas De Coninck interviewt Ali Aarrass : ‘Ik werd jarenlang gefolterd in een Marokkaanse gevangenis’: Brusselaar Ali Aarrass is eindelijk weer thuis

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Bron De Morgen 

Photos Thomas Nolf

We spreken af aan de Beurs en doen het gesprek wandelend. “Het is alsof ik opeens op een andere planeet ben terechtgekomen”, zegt hij. “Een planeet met alleen maar aardige mensen. Het is zo raar om al diegenen die brieven hebben geschreven, die voor je zijn opgekomen, na al die jaren in het echt te zien. Ze eens goed vastpakken, dat kan helaas nog niet.”

Na alle berichten die sinds 2009 vanuit Marokko doorsijpelden over zijn lot, ziet Ali Aarrass (58) er verrassend kranig uit. Hij heeft een ver verleden als bokser, diende ooit in het Belgische leger. Hij kan wat hebben. “Littekens van uitgedrukte sigaretten verdwijnen”, vertelt hij. “Andere niet. En wat het in je hoofd doet, dat allemaal ondergaan en je realiseren dat de mensen die dit doen hier specifiek voor zijn opgeleid, dat krijg ik niet uitgelegd.”
Ali Aarrass woonde 29 jaar in Brussel. Hij had eerst een handeltje in geschenkwaren en later een krantenwinkeltje in Molenbeek. In 2004 besloot hij weer in Melilla te gaan wonen, de Spaanse exclave vlak bij de Marokkaanse stad Nador waar zijn roots liggen.

“Toen de agenten van de Guardia Civil mij op 1 april 2008 op straat aanspraken, zat ik op een klant te wachten. Ze deden het lijken alsof het iets was met een verkeersboete. De eerste vraag was: ‘Wie zijn je vrienden?’ Ik vond dat een beetje raar, het klonk bedreigend. Ik zei dat ik maar een echte vriend heb, mijn vader. Ze lachten me uit. Achteraf begreep ik dat ze me een hele tijd hadden geschaduwd. ’s Avonds werd ik voor een rechter geleid. Die zei dat ik naar Madrid moest worden overgebracht. Daar vloog ik in isolatie. Na een tijdje werd ik voor Baltasar Garzón geleid.”

De magistraat die achter Augusto Pinochet en Silvio Berlusconi aanging, en George W. Bush wou vervolgen voor martelingen in Guantánamo.

“Op vraag van Marokko onderzocht hij ook de aanslagen van Casablanca (op toeristische centra op 16 mei 2003, ddc). Hij confronteerde me met een hele reeks namen die me niks zeiden. Hij vroeg me wie ik kende in Marokko. Ik zei: ‘Helemaal niemand.’ Ik heb daar nooit gewoond. Ik ben geboren in Melilla, en ik weet heel goed dat vanuit Marokko met een scheef oog wordt gekeken naar de enclave. Mijnheer Garzón heeft correct zijn werk gedaan en besloot dat ik buiten vervolging moest worden gesteld. Toch kwam ik niet vrij. Marokko vroeg om mijn uitlevering. Amnesty International Spanje is toen actie beginnen voeren. Omdat Marokko een land is dat foltert.”

Kent u de oorsprong van de verdenkingen tegen u?

“Nee, ik was een pionnetje op een diplomatiek schaakbord. We waren eerst met z’n tweeën. Ze hadden samen met mij een zekere Mohamed el Bay opgepakt, ook in Melilla. Iemand die ik niet ken. Ook hij werd aan Spanje uitgeleverd en zat daar meer dan anderhalf jaar lang in de gevangenis. Hij had de Spaans-Marokkaanse nationaliteit, hij is net als ik geboren in Spanje. Ik, met m’n Belgisch-Marokkaanse nationaliteit, werd uitgeleverd. Hem lieten ze gewoon vrij.
“Toen ik hoorde dat de uitlevering onafwendbaar werd, ben ik een hongerstaking begonnen. De eerste van vele. Ik ben door mensen van het Spaanse Rode Kruis naar de luchthaven gebracht en op 19 november 2009 naar Casablanca overgevlogen met een lijnvlucht van Royal Air Maroc. Als ze werkelijk een terrorist in me zagen, zouden ze me toch niet op een lijnvlucht hebben gezet? Uit alles wat mij overkwam valt op te maken dat de mensen met wie ik te maken kreeg, zelf niks geloofden van wat mij werd aangewreven. Ze voerden gewoon orders uit. Na de landing ben ik niet eens de douane gepasseerd. Ik werd in een auto geduwd met vier mannen van de geheime dienst in. Een van hen zei: ‘Nu ben je waar je thuishoort.’ Ik zei dat ik een Belg was. Ik kreeg de eerste vuistslag. We reden naar Rabat. We moesten voorbij drie tolhuisjes. Bij elk tolhuisje duwden ze mijn hoofd naar beneden.”

Ook naar Marokkaanse maatstaven was uw arrestatie onwettig?

“Zo voelde het in elk geval wel. Op het laatst werd ik geblinddoekt, dus ik wist niet waar ik terecht was gekomen. Eerst zetten ze je langs achteren gehandboeid op een heel wankele stoel, zodat je op een gegeven moment onvermijdelijk keihard met je hoofd tegen de vloer gaat. Je hebt het dan zogezegd jezelf aangedaan. Daarna begonnen de vragen. ‘Wie ben je? Hoeveel zussen en broers heb je?’ En opeens: ‘Waar heb je de wapens verstopt?’ Vier dagen lang zijn ze die vraag blijven herhalen. Ik kreeg een ijzeren staaf tussen m’n benen. M’n hoofd werd in een emmer water geduwd tot net voor ik stikte. Ik werd achterwaarts verkracht met een fles. Kreeg elektrische schokken. Hun overduidelijke doel was een bekentenis.”
Die u, zeggen de Marokkaanse autoriteiten, ook hebt afgelegd.
“Een scenario verzinnen is iets heel anders dan bekennen. Ik kon de pijn niet meer verdragen. Na vier dagen heb ik het adres genoemd van mijn tante, die dicht bij de grens met Melilla woont. Ze begonnen dat te onderzoeken, en zeiden van: ‘Het klopt, hij heeft een tante die daar woont.’ Ze zijn dat hele huis gaan doorzoeken, en ik moest mee. Ik werd opeens aangenaam behandeld. Door de data op het dashboard van de auto waarmee we naar daar reden, realiseerde ik me dat het vier dagen had geduurd. Ik had geen besef van dag of nacht. Door dat verhaal van mijn tante heb ik tijd gekocht. Ik wist ook dat het minstens zeven uur rijden was.”

Hoe reageerden ze toen ze geen wapens vonden?

“Het herbegon. En in het commissariaat rinkelde de telefoon de hele tijd. Ik hoorde ze zeggen: ‘Ja, chef, begrepen chef. Met eerbied, chef.’ Ik werd naakt gezet, ze staken een stok in m’n achterste. Ze pisten op me. Ze schoten kogels vlak naast m’n hoofd af. Ze zeiden: ‘Als je ons nu de echte bergplaats niet aanwijst, dan schieten we je dood. Ik zei: ‘Doe maar, ik weet van geen bergplaats.’ Ze hebben me toen bewusteloos geslagen. Ik heb later nog eens een ander scenario bedacht, met alweer hetzelfde gevolg.”
Kreeg u dan geen bijstand van het Belgische consulaat?
“Die hebben helemaal niks gedaan. Voor hen was ik ‘maar’ een Marokkaan. Uiteindelijk ben ik veroordeeld op grond van mijn ‘bekentenissen’. Eerst tot vijftien jaar, daarna twaalf. En ik heb ze uitgezeten. Tot de laatste dag. In de gevangenis van Salé, vooral. Ze zijn me daar blijven folteren. Omdat mijn zus, het ‘Comité Free Ali’ en Amnesty International herrie bleven maken. Ze bleven brieven schrijven. Ik ben uw krant tot de rest van m’n dagen dankbaar voor het publiceren van de tekeningen die ik via medegedetineerden buiten gesmokkeld kreeg. Dát is wat ze wilden doen stoppen: de aandacht, de kritiek van Amnesty. Hun idee, denk ik, was: ‘Ooit stopt hij wel vanzelf.’ Ik besef heel goed dat ik geprivilegieerd ben. Er zijn in de nasleep van de aanslagen in Casablanca zeker 2.000 mensen opgepakt, waarvan er honderden zijn behandeld als ik. Wat is er van hen geworden?”

U kwam vrij middenin de eerste Marokkaanse lockdown.

“Dat was alweer een punt van discussie. Ik kreeg in de gevangenis te horen dat ze mij niet konden vrijlaten vanwege corona. Er was toen een Marokkaanse dame die wist van het Comité Free Ali en aanbood om mij onderdak te bieden. Zij is me met haar auto komen halen. Ik heb drie maanden bij haar gezin geschuild, want vluchten waren er al die tijd niet. Tot ik opeens bericht kreeg: je kan mee op een vlucht naar Parijs. Ik geloofde het pas echt toen we in de lucht hingen. Toen kwam het besef. Ik had het enkel te danken aan goede mensen. Aan belangeloze generositeit.”

Hoe leeft u nu?

“Van iets waarvan ik mij altijd had voorgenomen dat het mij nooit of nooit zou overkomen. Het OCMW. Ik heb mijn hele leven altijd gewerkt, heel graag gewerkt. Ik zoek nu elke dag naar werk, maar het is niet evident.”

 

 

Après sa libération, notre lutte continue : vidéos, articles, audios sur Ali Aarrass

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Photos Thomas Nolf

Six heures sur Radio Campus La diaspora chuchote

Interview in De Morgen door Douglas De Coninck (abonnees), klik hier 

Mohamed Hajib sur l’affaire Ali Aarrass ( avec la traduction de l’interview dans De Morgen en Arabe et vidéo de sa torture en 2012)

 

Moroccomail : Traduction (approximative) en français de l’interview dans De Morgen. Cliquez ici 
 

Speech d’Ali Aarrass (en Rifain) lors du rassemblement devant l’ambassade du Maroc pour les détenus du Hirak au Maroc (sur Facebook). Cliquez ici  

Empathie, par Ali Aarrass, 2 janvier 2021

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Avant de me juger, mettez mes souliersz

(photo Avant de me juger, mettez mes souliers

La transformation de la conscience de l’être humain n’est plus en somme un luxe réservé à quelques individus isolés. C’est une nécessité, si l’humanité ne veut pas céder à l’autodestruction !
C’est bien pour cela qu’il nous faut fixer un objectif. Cela nous aidera à raisonner et rester humains pour prendre des décisions et agir dans le bon sens.

Notre cerveau est programmé aussi bien pour compatir les douleurs et les souffrances de l’autre, que pour partager leurs joies, leurs plaisirs. Ceci prouve qu’on est des humains et des êtres solidaires. Il nous faut plus de liens pour se fortifier. Nous savons tous que l’homme est spontanément prédisposé à apporter de l’aide à son semblable. C’est ce qu’on appelle se mettre dans les souliers de l’autre. C’est là que la confiance règne entre nous et qu’on ressent l’empathie. L’incompréhension du présent naît fatalement de l’ignorance du passé. Mais il n’est peut-être pas moins vain de s’épuiser à comprendre le passé si l’on ne sait rien du présent !

L’un de mes souhaits aujourd’hui, c’est d’arriver à nous entraider à construire la solidarité des vivants, des survivants, et des morts.
Aider à ne pas oublier l’essentiel, le sacré, l’homme digne de ce nom. Mais pour cela nous ne devons pas rester seuls, nous ne devons pas nous isoler.
Nous devons être débout. Libérer nos mains et nos regards de tous ces objets qui nous manipulent et nous font perdre un temps précieux.

Pour qu’on puisse enfin avancer vers les autres et leurs tendre nos mains et nos regards. Pour avancer dans la bonne direction.

Ali Aarrass.

Est-il nécessaire de confronter la réalité ? par Ali Aarrass 30 décembre 2020

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IMAGINEZ !
Est-il nécessaire de confronter la réalité des pratiques de torture abjectes qu’ils nous ont infligé. Confronter les règlements et les lois auxquels ils ont voulu nous soumettre ? Croyez-vous qu’il est important et même nécessaire de s’interroger, sur les tortures qui se pratiquent encore aujourd’hui au Maroc ?

Comment garder le moral, l’envie de vivre, l’envie de manger ,de résister, la notion du temps. Comment survivre ? Comment se surpasser et accepter les épreuves avec le peu de forces que t’as ? Comment ne pas céder aux propositions ? Comment rester fort,  sans montrer son point faible ?

Vous pouvez vous imaginer, toutes les méthodes atroces que ces tortionnaires ont l’habitude de pratiquer au quotidien pour nous briser ! Oui, même si vous essayez de rester dans une pièce dans l’obscurité, en fermant les yeux dans un silence total, pour imaginer le pire qui puisse vous passer par la tête, vous n’arriverez jamais à comprendre et à imaginer l’horrible que c’est !

Une seule personne, moi, et tous ceux qui ont survécu à toutes ces atrocités, ont une réponse à vous donner… Je vous demande d’avoir du respect au moins pour ceux qui n’ont pas pu avoir cette chance et ce privilège que moi j’ai eu…

Je me force à dire que d’autres ont la crainte, la soumission et l’obéissance. Ils pensent que ce sont les attitudes à adopter face aux oppresseurs. Et d’autres encore pour qui, à la longueur du temps, une violence répétée paraît un droit !!!

Ali Aarrass.

Ali Aarrass, 2020 : « Mes meilleurs vœux à toutes et à tous »

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Comme par le passé depuis ma cellule et aujourd’hui malgré le confinement, je vous souhaite d’agréables fêtes en compagnie de vos proches.

Cette année, libre enfin, je partage avec vous une liberté limitée comme dans tant d’autres pays. Par cette occasion, j’en profite de remercier tout le monde qui m’ont soutenu, mais spécialement au Comité free Ali, qui n’a jamais abandonné, ni baissé les bras dans ce combat livré en Belgique et en faisant entendre sa voix partout dans le monde.

Nous devions rester forts et unis dans les moments durs et difficiles, il fallait surmonter toutes les épreuves qu’ils nous ont infligés.

J’espère que l’année 2021 sera une année positive pour tous. Qu’elle nous apportera bonheur et surtout la santé et qu’on puisse réaliser nos désirs.

Quant à moi, ma vie reprend ses repères peu à peu, ma santé en parallèle et aussi avec ma famille.

Psychologiquement et psychiquement je me bats tous les jours. Il m’est difficile d’oublier les douze années d’horreur. Je suis traumatisé et touché au fond de moi-même…

J’espère que l’année 2021 sera l’année où je pourrai m’en sortir et avoir une nouvelle vie comme tant d’autres citoyens.

Me voilà sincèrement avec beaucoup d’envie de vous rencontrer et de passer de bons moments agréables, unis et plus forts que dans le passé.

Meilleurs vœux à tous malgré cette année si particulière.

Ali Aarrass

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