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Lettres/Letters/Brieven - page 7

Asis Mam, lettre au roi Philippe : « Sire, une assistance consulaire pour Ali Aarrass relève d’un droit… »

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Asis MamSire,

J’ai assisté, comme des millions de belges, à votre prestation de serment et intronisation ce 21 juillet. A cette occasion, j’ai l’honneur de vous adresser mes sincères félicitations et mes vœux les plus chaleureux.

Votre règne s’annonce certes difficile dans un contexte politique et économique défavorable en Belgique comme dans le reste du monde.

Mais vous suscitez aux yeux d’une majorité de belges l’espoir que perdure une Belgique unifiée, solidaire et empreinte de justice sociale. Cet espoir se fonde sur vos engagements et réalisations dans un passé proche alors que vous étiez prince héritier.

Le courage et la probité ont été vos insignes tout au long de vos missions et fonctions officielles, d’où l’estime et le respect que vous porte assurément aujourd’hui le peuple belge.

Vous avez montré par ailleurs votre humanisme en dénonçant systématiquement toutes les formes d’injustice tant dans le monde qu’à l’intérieur de notre pays. A titre d’exemple, vous fustigiez en 2004 un parti extrémiste flamand et ses projets funestes à l’égard notamment d’une catégorie fragilisée de citoyens belges, celle issue de la diversité.

Aujourd’hui plus qu’hier, Sire, vous garantissez la Constitution.

Vous êtes le garant d’une justice identique pour tous et d’une égalité de traitement pour chaque citoyen sans distinction de religion, de race ou d’origine ethnique.

Aussi parait-il légitime de porter à votre connaissance toute discrimination à l’encontre d’un citoyen surtout lorsque celle-ci est le fait de l’Etat lui-même.

Un citoyen belge est actuellement en situation de détresse dans l’indifférence des autorités belges.

Il est détenu au Maroc depuis décembre 2010 après son extradition par l’Espagne.

Cette extradition a en outre eut lieu en violation avec une mesure provisoire du comité des droits de l’homme des Nations Unies demandant de ne pas l’extrader.

En octobre 2012, il s’est vu condamné à une peine de 12 années d’emprisonnement suite à un procès en appel que ses avocats belges ont qualifié d’inique.

Ce citoyen s’appelle Ali Aarrass, il est marié et père d’une petite fille.

Son nom a été cité dans une affaire dite « l’affaire Belliraj » par un détenu ayant subi la torture.

Monsieur Aarrass clame son innocence depuis le premier jour de son incarcération.

Il a lui-même subi la torture dès son arrivée et sa garde à vue au Maroc. Au point qu’après 12 jours de sévices ignobles, il signait sous la contrainte des prétendus aveux rédigés en arabe, langue qu’il ne connait pas par ailleurs.

Durant les procès, tant en première instance qu’en appel, ses juges sont curieusement restés sourds aux interpellations de Monsieur Aarrass alors qu’il dénonçait les méthodes indignes employées pour lui soutirer de faux aveux.

Ses avocats ont formulé en vain plusieurs demandes d’irrecevabilité des procès-verbaux.

Ces « aveux » signés ont été in fine les seules pièces versées à un dossier vide de tout élément(s) de preuve pouvant réellement étayer cette lourde condamnation.

En septembre 2012, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Monsieur Juan Mendez, a pu visiter Monsieur Aarass détenu dans la prison de Salé à Rabat.juan mendez onu 24 septembre

Suite à cette visite en présence d’un médecin légiste spécialisé dans le diagnostic de la torture, Monsieur Mendez a déposé un rapport officiel à Genève dès janvier 2013.

Ce rapport conforte les allégations de torture sur la personne de Monsieur Aarrass et dénonce tant ses conditions de détention que les mauvais traitements qu’il continue à subir actuellement. Le rapport poursuit en invitant les autorités marocaines à préserver l’intégrité physique et morale de Monsieur Aarrass en lui assurant le traitement médical qui lui est refusé jusque-là.

Enfin, Monsieur Mendez invite les autorités à diligenter une enquête pour identifier les tortionnaires de Monsieur Aarrass et de les traduire en justice.

Le rapport est disponible dans son intégralité sur internet.

Plusieurs comités de soutien et associations des droits de l’homme, tant en Belgique qu’en Europe, sont alertés du cas de Monsieur Aarrass et tentent de sensibiliser l’opinion publique.

Ce soutien se traduit notamment par une correspondance soutenue.

médaille 20 km IIIl y a peu, Monsieur Aarrass recevait via cette correspondance une médaille à l’effigie des récents 20 km de Bruxelles, laquelle arborait aussi les couleurs du drapeau belge. Pour avoir effectué son service militaire sous le drapeau belge et ayant participé lui-même au 20 km de Bruxelles, Monsieur Aarass affectionnait particulièrement cette médaille.

Le directeur de la prison, malveillant à l’égard de Monsieur Aarrass et voyant son attachement aux couleurs de la Belgique, lui appliqua des mesures drastiques et encouragea ses codétenus à le malmener.

Jusqu’à ce jour, Monsieur Aarrass est privé de toute sa correspondance, privé de promenade, privé de téléphone, privé de douche etc… Mais, à ses yeux, la mesure la plus injuste a été la confiscation de ladite médaille. Sa demande de restitution lui a été catégoriquement refusée.

C’est dans ce contexte que Monsieur Aarrass a entamé une grève de la faim depuis le 10 juillet en réaction à toutes ces mesures aussi injustes qu’humiliantes.

A la date de la présente, il entame son troisième jour de grève de la soif.

Depuis le premier jour de sa détention, le Ministère des Affaires étrangères, par la voix de Monsieur Didier Reynders et de son prédécesseur, refuse à ce citoyen belge toute assistance consulaire sous prétexte de sa double nationalité belgo-marocaine.

Les demandes réitérées de la famille de Monsieur Aarrass et de ses avocats ont essuyé un refus systématique. Les services du ministère refusant même une simple audience à la famille et aux avocats.

Pourtant la souveraineté et l’indépendance de la justice marocaine ne sont nullement contestées malgré les griefs plus hauts. La demande consiste uniquement en une assistance consulaire de la Belgique, laquelle assistance garantirait une sécurité même relative à son citoyen.

Cette demande ne parait-elle pas légitime, Sire, alors qu’elle relève d’un droit fondamental constitutionnel protégeant chaque citoyen belge nonobstant une double nationalité ?

A ce propos, Monsieur Aarrass n’avait jamais séjourné au Maroc avant son incarcération. Il est en effet né et a grandi en Espagne. Il revendique néanmoins une culture belge et un attachement sincère à son pays d’accueil qu’est la Belgique depuis 28 ans de présence.

Aujourd’hui, l’intégrité physique de cet homme, citoyen belge, est inévitablement compromise dans le cadre de cette grève de la faim.

Sa vie parait même en danger.

Vous comprendrez le désarroi profond et l’inquiétude de sa famille par ailleurs sans nouvelles de Monsieur Aarrass depuis plusieurs semaines.

Comme beaucoup de citoyens, j’ai été profondément touché par les appels à l’aide de cette famille, par la voix de la sœur de Monsieur Aarrass, Farida Aarrass, d’où l’initiative de la présente.

Un état de droit et une démocratie sont certes un privilège pour le plus humble des citoyens tant qu’il s’adresse librement au plus haut représentant de l’état.

Je m’en remets à votre sagesse en espérant que cette lettre vous parvienne.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Sire, l’assurance de ma plus haute considération.

Asis Mam

Lila Benzid-Basset : « Ali Aarrass ou l’intégration qui mène à la case Prison Salé »

dans ACTIONS/DANS LA PRESSE/Lettres/Letters/Brieven par

50 ans immigration en Belgique2014, sera l’année du cinquantenaire de l’accord conclu le 17 février 1964 entre le Maroc et la Belgique pour le recrutement de main d’œuvre, l’objectif de cette incontournable commémoration sera-t-il le même qu’en 2004, année des quarante ans de cet accord qui avait pour objectif essentiel d’amener les nouvelles générations à revisiter l’histoire de l’immigration marocaine en Belgique qui s’étalait alors sur quatre générations ?

En 2014, la cinquième génération sera là que va-t-on lui donner à savoir sur cette histoire de l’immigration ? Que va-t-on lui apprendre en terme d’intégration ? Comment va-t-on lui faire injonction de s’intégrer elle aussi, cinquième génération pourtant ! Lui fera-t-on le même coup qu’aux précédentes avec ce mot qui était déjà devenu insultant au bout de la deuxième et de la troisième générations ? Ce mot plein de promesses, mais terriblement menteur qui a permis de maintenir en en seconde zone des citoyens et citoyennes Belges d’origines marocaines depuis des décennies maintenant ? Lui fera-t-on encore croire à cette cinquième génération qu’elle est seule responsable de sa «non-intégrabilité, lui fera-t-on digérer que ce mot intégration tient de sa seule volonté, de son choix de faire partie ou non du corps social belge ? Dans l’injonction honteuse contenue dans ce mot intégration, au bout de tout ce temps et de tous les efforts faits par les générations précédentes, la cinquième saura dans cette qualification même de cinquième génération, qu’elle ne sera pas plus intégrée et intégrable que les précédentes, elle apprendra parce qu’injonction lui sera faite à elle aussi, que les efforts et les désirs des précédentes auront été vains, elle tournera dans ce mot comme un prisonnier dans sa cellule pour essayer de comprendre ce qu’elle fait de mal, où elle a foiré, mais cognera chaque instant sur l’immense mur -entre elle et la société qui est pourtant la sienne- qu’est ce mot « intégration »… Un mot qui pourtant porte en lui deux parties ; celle qui s’intègre et celle qui intègre.

Oui cette génération aussi comprendra en 2024, quand les services culturels du royaume organiseront une commémoration thé-à-la-menthe, pour les soixante ans de l’accord Belgo-Marocain, et pour donner à apprendre l’histoire de l’immigration à la sixième génération, que ses efforts d’intégration et ses désirs de faire pleinement partie du corps social belge auront été vains, tout comme doit le comprendre aujourd’hui Ali Aarrass du fond de sa grève de la faim et de la soif dans la prison de Salé au Maroc…

 

Ali Aarrass est un homme qu’on a accusé de terrorisme, comme beaucoup de Musulmans depuis le 11 septembre. Qu’on a isolé de tout autre être humain durant près de 3 ans, qu’on a depuis lors innocenté mais qui a, malgré cela, été extradé au Maroc. Ali Aarrass, a une famille formidablement active qui vit en Belgique, qui pour le sauver d’abord des geôles marocaines ponctuellement, et sans relâche, lance des appels pour qu’on ne le laisse pas croupir ni mourir de cette injuste situation …

Cela fait plusieurs mois, que je reçois des informations sur Ali et sur ce que cette famille meurtrie organise pour mobiliser du monde autour de l’injustice qui leur est faite… Emprisonner un homme, c’est toute une famille qui est sous verrous.

 J’ai vu des dessins, j’ai reçu des invitations-vidéos à des goûters-gâteaux faits par les tous petits de la cinquième génération, reçu des invitations à écrire, à entendre ce que subit Ali Aarass, je me suis souvent sentie impuissante, en colère contre mon impuissance, mais surtout contre ces pays qui sont les nôtres et qui ne nous acceptent pas, en nous accusant de ne pas vouloir nous intégrer.

 Et que l’on ne s’y trompe pas, l’histoire de Ali Aarrass, ce qu’il vit à l’heure actuelle, est la récompense qu’il a eu pour avoir, comme des milliers d’enfants d’immigrés, cru que l’intégration était non seulement possible mais la seule voie ouverte…

Nous sommes lui et moi de la même génération, je suis Française d’origines algériennes, il est Belge d’origines marocaines, longtemps, j’ai cru que le traitement fait à l’immigration algérienne en France, tenait à l’histoire douloureuse entre ces deux pays, je pensais que les Français d’origines marocaines étaient mieux lotis que nous parce qu’ils n’avaient pas la même et tragique histoire coloniale… mais, je viens de vivre deux années en Belgique, durant lesquelles j’ai pu me rendre compte que l’immigration marocaine vivait ce que l’algérienne subissait en France, à travers des propos profondément racistes – entendu entre autres ignominies et de mes propres oreilles : « il n’y a plus d’hommes en Belgique, il n’y a que des Marocains » et dans le traitement de quelques affaires « belgo-marocaines » que ce soit avec ce « Strange fruit » insoumis qu’est Souhail Chichah ( lynché, viré, harcelé pour avoir bruyamment contesté une conférence annoncée comme débat, donc sans contradicteur, de C. Fourest ) dans le deux poids deux mesures de la justice belge (voir la condamnation à 18 mois avec sursis pour le touriste porno-pédophile Belge Servati) etc. etc.

Ces deux années en Belgique m’ont faite comprendre que les Marocains, sont à la Belgique ce que sont les Algériens en France et à la France, que le racisme n’a pas besoin d’histoire, bien au contraire, s’il en avait besoin on le saurait ! Le « plus jamais ça » de Primo Lévy serait le premier regard que l’on porterait sur tous ceux qui sont différents… L’histoire aurait pu être l’ennemie du racisme si elle n’était pas aussi occultée et même en terme d’intégration… L’histoire de l’intégration d’ Ali Aarrass, tient aujourd’hui à un petit ruban…médaillon conf de presse 26 juillet 2013

 Ali Aarrass a entamé une grève de la faim et de la soif dans sa prison de Salé parce que ses geôliers lui ont confisqué une partie de son courrier et sa médaille du Marathon 20 km de Bruxelles, tenue par ce petit ruban aux couleurs du drapeau belge… Belgique qui le nie, qui nie celui qui se considère comme son enfant, l’enfant d’un métissage belgo-marocain…

Est-ce là la finalité de son intégration, lui qui a servi sous les drapeaux de l’armée belge entre 1993 et 1994 ? Est-ce que son chemin d’intégration doit se terminer dans ce Guantánamo virtuel entre Belgique et Maroc que sont sa cellule et le traitement odieux qui lui est fait à la prison de Salé ?

 Ali Aarrass est le symbole des refus de nos efforts et de nos rêves d’intégration que l’on soit Français ou Belges d’origines algériennes ou marocaines.

 Lila Benzid-Basset Lila Benzid-Basset

 

 

 

Lettre d’Ali Aarrass

« Tout a commencé le 8 juillet 2013, alors que je recevais une partie de mon courrier personnel. Parmi les quelques courriers il y avait une enveloppe qui contenait des photos, et un médaillon des 20 kms de Bruxelles, médaille dont le collier portait les couleurs de notre drapeau belge. Quelques heures plus tard, le directeur donne l’ordre qu’on me reprenne la dite enveloppe avec tout son contenu. Cela s’est passé alors que j’avais déjà signé dans le registre, accusé de réception, comme je le fais chaque fois que je reçois du courrier.

S’agit-il d’abus de pouvoir ou provocation ?

Je suis toujours dans l’attente qu’on me restitue l’enveloppe avec le médaillon aux couleurs du drapeau belge. Le drapeau par lequel j’ai juré en faisant mon service militaire dans les années 1993-94. Cela est la preuve d’un racisme, d’une vengeance de la part du directeur et de son confident et adjoint, Bouazza. 10 juillet 2013, ces derniers sont entrés dans ma cellule, tandis que j’étais dans la cour à 11:30 heure. Les autres prisonniers les ont vus rentrer alors qu’ils n’avaient pas sollicité ma présence.

Pour me provoquer, ils ont arraché des lettres et cartes postales collées sur le mur, dans une partie de ma cellule. Ils les ont piétinées et ont emporté mes lettres et cartes personnelles. Quand je suis revenu à ma cellule, ils avaient tout fouillée. Tout avait été remué, abimé … Tout était sens sous dessus. Ils ont pris un malin plaisir à le faire avec beaucoup de méchanceté, haine, un racisme, du mépris, pour me toucher, surtout l’adjoint Bouazza. Et quant au directeur qui s’appelle Abdellah Darif, il n’a montré ni humanité ni intelligence en compagnie de son adjoint.

J’ai demandé à le voir, il m’a reçu dans son bureau où j’ai exigé des explications et il a répliqué en me disant qu’il est le directeur et que je ne suis qu’un prisonnier. Qu’il décidait de tout et qu’il faisait tout ce qu’il voulait dans sa prison ! J’ai seulement voulu lui rappeler qu’ils ont bafoué mes droits en se comportant de la sorte ! Il m’a dit, en me menaçant, qu’il me fera la vie impossible, et que Bouazza est l’homme en qui il place toute sa confiance, son confident. Je suis revenu dans ma cellule et ai demandé au fonctionnaire le droit depasser un coup de fil. Ce dernier m’a dit qu’il a reçu l’ordre du directeur de ne pas me donner accès au téléphone, ni à la cour, ni à la douche, ni à mon courrier !Aujourd’hui je suis enfermé dans cette prison, avec le droit à « plus rien! »

Et tout cela parce que j’ai dit au directeur qu’il n’avait pas le droit d’entrer dans ma cellule, avec Bouazza, en mon absence. Il est devenu furieux quand j’ai nommé son confident. Il m’a chassé de son bureau avec méchanceté! Pourtant il sait très bien qu’il a fait l’erreur de se laisser influencer par son adjoint Bouazza. Les deux ont violé mes droits. Aujourd’hui j’en suis à me demander si j’ai les mêmes droits que tous les prisonniers ? Il y en a qui payent avec tout ce qu’ils ont pour avoir en retour ce qu’ils veulent, et ce butin le directeur et son adjoint se le partagent !

J’ai donc décidé en ce jour d’entamer une grève de la faim, une grève que je n’arrêterai pas tant qu’on ne respecte pas mes droits ! Qu’on me restitue mes droits ainsi que la médaille au collier des couleurs du drapeau belge qui est le mien !

« La colère et la haine rendent aveugle ! La première pour une heure, la seconde à vie ! »

Ali Aarrass

Pierre Van den Dooren : « Sire, en 1993, j’ai servi sous les drapeaux de l’armée belge, tout comme un certain Ali Aarrass… »

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Pierre van den Dooren« Sire,

Comme des millions de belges, j’ai assisté sur le petit écran à votre récente prestation de serment, je vous ai vu danser à la place du jeu de balle devant des milliers de patriotes qui ne fréquentent ce quartier qu’un jour par an et j’ai pu constater – comment aurais-je pu ne pas le faire, puisque la presse unanime l’a proclamé haut et fort sur tous les médias possibles et imaginables – que votre prestation de serment à été parfaite.

« Alleluya, il a rempli son devoir de Roi ! »

Il faut le reconnaitre, vous avez montré beaucoup d’allure, de dignité et de patience pendant les très longs discours qui ont précédé votre prestation de serment. A aucun moment vous ne vous être gratté le nez ou n’avez baillé d’ennui comme je l’aurais sans doute fait dans la même situation, vous avez eu l’excellente idée de renoncer à ce collier de barbe qui vous faisait paraître beaucoup plus âgé que vous ne l’êtes et les photos officielles sont parfaites.

J’ai lu à plusieurs reprise dans la presse que vous vous préparez à régner depuis longtemps et que vous n’attendiez que cela. Je pense qu’aux yeux de cette même presse, vous avez fait tout ce qu’on attendait de vous et que désormais, votre devoir se limitera à un discours de circonstances pour Noël, pour le 21 juillet et pour les événements « exceptionnels » qui pourraient malmener le pays, de préférence écrits par quelqu’un d’autre de peur qu’une idée personnelle ne trouble un protocole particulièrement frileux.

Mais pour ma part, j’ai une autre image de vous ; je vous revois en 1993 prêter serment comme Sénateur de droit, annoncer votre volonté de protéger l’intégrité du territoire et même oser proclamer que ceux qui chercheraient à démembrer la Belgique vous trouveraient sur leur chemin… une telle affirmation n’étant rien de plus que l’application rigoureuse et volontaire du serment que vous avez prêté hier, j’ai été fort étonné du scandale qu’elle a provoqué ici (étonnement d’ailleurs partagé par nombre d’observateurs étrangers). Ce souvenir a de l’importance pour moi, car c’est à ce Prince courageux que je souhaite m’adresser, à un homme capable de faire sortir la Belgique du marasme, et j’ose le dire, du moyen-âge social dans lequel elle est en train de s’enfoncer, si on en juge par l’état lamentable de notre système social, de nos prisons et de la mentalité de ceux là même qui sont censé faire respecter l’état de droit.

La plupart des belges se souviennent que Léopold Premier s’est battu dans les jardins du parc de Bruxelles « comme un sous-lieutenant », que Léopold II nous a apporté le Congo et qu’Albert premier a réussi l’exploit de préserver de l’occupation une portion du territoire belge, mais personne n’a besoin de savoir s’ils ont tremblé ou baillé pendant les cérémonies officielles, un roi est avant tout un chef d’état et si vous êtes comme on le dit impatient de régner, vous savez mieux que quiconque que votre tâche ne fait que commencer.

En 1993, j’ai servi sous les drapeaux de l’armée belge, comme des milliers d’autres citoyens, certains étant plus patriotes que moi et d’autres moins. Parmi eux figure un certain Ali Aarrass dont le nom ne vous est peut-être pas inconnu. Ali Aarrass et moi-même-faisons partie de ces derniers belges à avoir exercé ce service obligatoire de dix ou huit mois, moins un jour parce qu’à l’occasion du décès de votre oncle le roi Baudouin, nous avons été libéré une journée pour pouvoir lui présenter nos respects au Palais Royal. Pour ceux qui ont eu le courage de s’y rendre, la journée a été particulièrement éprouvante, la chaleur était aussi accablante qu’aujourd’hui et les services de secours ont été débordé par le nombre d’insolations et de coups de chaleur dans les files d’attente. Si vous étiez au Palais ce jour là, vous avez peut-être aperçu Ali parmi les milliers de patriotes, car Ali, comme la majorité des belges d’origine marocaine, est fier d’être belge et ne manque pas une occasion de le manifester.

Il y a des années, Ali Aarrass a parcouru les vingts kilomètres de Bruxelles, mais cette année, il n’y était pas. Arrêté en Espagne sous des accusations de « terrorisme » qui, à la suite d’un procès régulier ont été reconnues infondées, il n’en a pas moins été extradé au Maroc, soumis à la torture et forcé à signer des aveux dans une langue qu’il ne comprend pas.

Mais le pire, dans cette situation, c’est de découvrir, pour ce belge qui a toujours manifesté l’amour de son pays, que les responsables politiques qui sont précisément en charge d’assurer aux belges à l’étranger le respect de leurs droits les plus élémentaires faire la sourde oreille face à cette situation et oser évoquer « une question de principe » pour refuser, non de le faire libérer, comme devrait l’être tout citoyen dont l’innocence à été prouvée par un tribunal, mais simplement d’affronter le regard de ses proches.

Dans cette situation, Ali Aarrass a entrepris une grève de la faim et de la soif depuis le 10 juillet. En effet, les vexations dont il est l’objet se sont brutalement aggravées depuis qu’une lettre qui lui a été adressée depuis la Belgique contenait un médaillon dont le collier portait les couleurs du drapeau belge. Pour une raison mystérieuse, ces trois couleurs et l’attachement qu’Ali Aarrass leur accorde ont déclenché la fureur de ses geôliers.

A moins de cinquante mètres de l’estrade ou vous faisiez la fête le vingt juillet trônait encore il y a quelques semaines la photo d’Ali Aarrass accompagnée du simple mot: « innocent ». C’est le verdict que le tribunal espagnol a prononcé à son sujet.Magna Carta

Dans un peu moins de deux ans, le 15 juin 2015, les anglais célèbreront le huit-centième anniversaire de la « Grande Charte », par laquelle il est reconnu qu’aucun homme libre ne peut être arrêté, emprisonné ou torturé arbitrairement, il est difficile de croire qu’un tel document ait pu être signé par Jean Sans Terre, qu’on présente souvent comme un abominable tyran, quand on voit ce qui se passe aujourd’hui, sans que la Belgique n’ait la moindre réaction… les citoyens belges sont scandalisés, plusieurs parlementaires britanniques, et quelques belges, s’étonnent de notre inaction et nos ministres se lavent les mains depuis trop longtemps. Certains affirment que la monarchie est un système politique digne du moyen-âge et qu’il convient de la « moderniser » à chaque occasion, je crois pour ma part que le seul critère valable qui peut nous fait sortir ou retourner dans le moyen-âge, c’est le respect des droits inaliénables de la personne humaine.

Dans l’affaire Ali Aarrass, l’Etat belge a largement montré son inaptitude à sortir du moyen-âge, faute de volonté politique. Nous sommes nombreux a espérer en l’institution royale comme notre dernier recours, dans une situation qui ne souffre désormais plus aucun délai.

C’est pourquoi, Sire, je vous demande avec insistance d’intervenir et d’accepter de rencontrer les membres de la famille d’Ali Aarrass, en espérant qu’un geste fort de votre part permette à un innocent de retrouver la liberté pour laquelle tant de belges ont lutté pendant la révolution de 1830 et les deux grandes guerres que nous avons traversé ».

Van den Dooren Pierre

Belge, Bruxellois et Démocrate

 

Abdel Bouchal : Ce vendredi 26 juillet, J’écris pour Ali !

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Abdel BouchalAli est à son Quinzième jour de Grève de la Faim et à son 1 et jour de grève de la Soif

Voici ce que je lui enverrai demain …

« Cher Ali, cher frère »

Cela fait trois semaines que je suis arrivé en Tunisie, mes vacances s’achèvent et depuis le début une question m’obsède : « Est-ce indécent d’écrire depuis un lieu de vacance à quelqu’un qui purge une terrible peine, une condamnation calomnieuse et inique qui le prive de sa Liberté ».

Voilà que nous entamons la seconde moitié du Mois de Ramadan, toi Ali prisonnier en « Grève » tu en es déjà à ton 16 ème Jour de la Faim et ton 2 ème jour de la soif.
Tout ce qui fait mon ordinaire comparé à ton quotidien me semble tellement dérisoire.
Et en même temps je me dis que toi qui au fond de ta cellule lorsque tu recevra cette lettre et les photos qui les accompagnent, il y aura quelque chose d’utile d’accomplie. Tu pourra enfin mettre un visage sur mon nom. Tu sera qui est Abdalouahad Bouchal, qui parmi les autres et derrière ta sœur Farida, a décidé de prendre ses responsabilités en entrant dans l’action qui au final, nous l’espérons, te permettra de recouvrer la liberté qui t’a été confisquée de façon odieuse. Tu sais ici en Tunisie pas un jours ne passe sans que tu vienne dans la conversation. Ici la population après sa révolution est curieuse de savoir comment sa se passe chez nous « Politiquement ». Je leur répond que chez nous, c’est la Belgique! (Rire) Très vite c’est le Maroc qui vient dans la conversation et sa situation,… Je leur répond que hélas je ne suis pas en mesure de leur en dire grand chose, n’y ayant pas grandi et presque jamais vécu…… Je leur dis que tout ce que je sais, c’est que à tout moment quelqu’un qui comme moi n’y a jamais vécu est susceptible de perdre la liberté pour des raisons obscures, et ce dans d’atroces souffrances. C’est bien évidement de toi que je parle lorsque je réfute avec vigueur la légende selon laquelle le Maroc traiterait désormais correctement ses citoyens. Dans quelques jours je referme mes valoches, et je rentre chez nous à Bruxelles, où je serai heureux de retrouver mes amis, mes enfants, et ta sœur. Tiens bon cher frère, tiens de toute tes forces pendant que les autres agissent à l’extérieur. Nul doute que les pressions menée par Farida et les autres sur le Ministère des affaires étrangères belge finiront par porter leur fruits. Peut-être qu’au final à défaut d’être touché par la grâce, ceux qui t’ont condamnés à cette terrible peine alors que tu es innocent, finiront par retrouver la raison. Cher Ali il faut que tu tienne bon, tu dois le faire pour toi et pour les tiens, et pour tous ceux qui connaissent le terrible sort qui t’accable. Tiens bon cher frère, dehors nous ne t’oublions pas, et nous ne lâcherons pas la pression. Je t’embrasse et je ferme les yeux en pensant au jour où nous nous étreindrons jusqu’à étouffement le jour de ta sortie Incha Allah.

Bouchal Abdalouahad.

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Appel urgent de Jeremy Corbyn (MP) pour Ali Aarrass (23 juillet 2013)

dans ACTIONS/AU PARLEMENT/COMMUNIQUES DE PRESSE/FRIENDS OF ALI AARRASS LONDON SUPPORT COMMITTEE/Lettres/Letters/Brieven par

 

Farida Sarah Jeremy Corbyn LondonH.H. Princess Lalla Joumala Alaoui

 

Ambassador of His Majesty the King of Morocco 
to the Court of Saint James’s

 

Embassy of the Kingdom of Morocco 



 

49, Queens Gate Gardens

 

London SW7 5 NE

 

 

cc. Embassy of Belgium in London

 

 

Your Excellency,letter Jeremy Corbyn image

 

 

You may recall my writing to you before about the troubling case of Ali Aarrass, the dual Belgian/ Moroccan citizen tried and convicted of terrorism-related offences on the sole basis of torture evidence following a flagrantly unfair trial. Mr Aarrass is currently serving a twelve-year sentence at Salé II prison, where he reports having been the subject of repeated provocations, intimidation and harassment since meeting the United Nations Special Rapporteur on Torture, Juan Méndez, in September last year. (You may well be aware of the Special Rapporteur’s report on the case, which was made public earlier in the year. )

 

 

The latest of these provocations has driven Mr Aarrass to embark on an indefinite hunger strike. In brief, an item of post which he received on 8 July, a medallion given to competitors in the Brussels marathon, and its ribbon in the Belgian colours, was arbitrarily confiscated hours after he received it. Two days later, witnesses saw the prison Director, Abdellah Darif, and his assistant Mr Bouazza enter his cell in his absence, rip down postcards he had put up on the wall from friends and family, and conduct a search which left his possessions in disarray, in breach of rules which require prisoners to be present during searches. When Mr Aarrass asked to see the prison Director and asked him why he was being treated in this way, the Director indicated that Mr Aarrass was only a prisoner and that he, the Director, could do as he pleased. After this meeting, Mr Aarrass was not permitted access to a telephone, or to the exercise courtyard, or to the showers, and his personal mail has been withheld.

 

 

In protest at this denial of his basic rights and human dignity, Mr Aarrass has embarked on 12 July on indefinite hunger strike, until his possessions and his basic rights are returned to him.

 

 

It is hard to avoid the conclusion that Mr Aarrass is being punished for his contact with the United Nations Special Rapporteur, who I understand will be informed of these developments. I am extremely concerned that his attempts to exercise fundamental rights are met with such harassment and victimisation.

 

 

I would be grateful if you would convey my concerns urgently to the relevant authorities for immediate investigation.

 

 

Yours sincerely,

 

 

Jeremy Corby MP

 

Liliane Matthys écrit à l’ambassadeur de Belgique au Maroc au sujet d’ Ali Aarrass

dans ACTIONS/LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par

 

Liliane 26 juinMonsieur l’ambassadeur de Belgique au Maroc

 

C’est au sujet d’un de nos compatriotes au Maroc que je me permets de vous écrire.

 

Vous avez un bien malheureux voisin à Rabat, c’est Monsieur Ali Aarrass enfermé à la prison de Salé II.

 

 Cette personne est accusée de « terrorisme », mot lourd et parfois employé à tort et à travers.

 

 Notre concitoyen a été torturé, humilié  et sous la contrainte a signé des aveux rédigés en arabe littéraires, langue qu’il ne maîtrise pas, pour que ses souffrances cessent.

 

 Si vous avez l’occasion d’aller voir Monsieur Aarrass en prison dites- lui qu’ici beaucoup de personnes pensent à lui.liliane lettre première partie

 

 Je lui écris chaque semaine. Pouvez-vous vous renseigner sur sa santé ?

 

 Comme Mohamed VI, roi du Maroc a de larges pouvoirs, pourriez-vous le contacter afin qu’il fasse libérer Monsieur Aarrass et les autres personnes dans le même cas.

 

 Pour Sa Majesté ce sera une bonne action dans le cadre du Ramadan puis qu’il est Commandeur des Croyants.

 

 Il me semble que Monsieur Aarrass a trois princesses dans sa vie : son épouse, sa fille, et sa sœur qui se bat ici en Belgique, sans relâche, pour sortir son frère des geôles.

 

liliane lettre deuxième partie Faisons que toute cette famille se retrouve et que la fille ait le bonheur de grandir auprès de son papa.

 

 Vous remerciant de l’attention portée à la présente requête, je vous prie d’agrée, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de mes respectueuses salutations.

 

Liliane Mathys

 

Namur Belgique  

 

Lettre au nouveau Roi pour sauver Ali Aarrass

dans ACTIONS/Lettres/Letters/Brieven/SANS CATEGORIES par

Roi PhilippeMerci d’envoyer une lettre, avec le message ci-dessous et signé par vous, au Roi Philippe à l’adresse  : Sa Majesté le Roi Philippe, Palais royal, Cabinet du Roi, Rue  Bréderode, 16, B-1000 Bruxelles et au Palais royal, Département Relations extérieures à la même adresse. IL N’EST PAS NECESSAIRE DE TIMBRER VOTRE COURRIER.

A sa majesté le Roi Philippe,

 Sire,

 A l’occasion de la fête nationale du 21 juillet et de votre couronnement comme nouveau Roi de tous les Belges, je vous adresse ce courrier pour vous faire part de ma profonde inquiétude quant au sort de notre concitoyen Ali Aarrass.

 Depuis une dizaine de jours, Ali Aarrass est en grève de la faim à la prison de Salé II au Maroc pour protester contre les mauvais traitements, les provocations, l’intimidation et le harcèlement dont il continue à être victime.

 Comme vous le savez certainement, le 20 septembre 2012, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Monsieur Juan Mendez, a rendu visite à Ali Aarrass à la prison de Salé. Il était accompagné d’un médecin légiste spécialisé en matière d’évaluation des séquelles de la torture. Ce dernier a effectué un examen médical à notre compatriote et a, je cite, « trouvé des traces de torture sur le corps d’Ali Aarrass ».

 Dans son rapport, Monsieur Mendez informe le gouvernement marocain de la torture dont le citoyen belge Ali Aarrass a été victime et lui demande de prendre les mesures qui s’imposent. Il tire aussi la sonnette d’alarme sur la situation actuelle d’Ali Aarrass dans la prison de Salé II.

 Monsieur Mendez écrit : « Selon les informations que nous avons reçues, M. Aarrass a été transféré à la prison de Salé II après la réunion avec le Rapporteur spécial. Il est rapporté qu’un agent de la prison, M. Bouazza, aurait harcelé M. Aarrass cette nuit-là, exigeant de lui de fournir des détails sur la visite et sur la discussion avec le Rapporteur spécial.

Il est en outre signalé que, dans sa réponse, M. Aarrass a déposé une plainte contre l’agent de prison auprès des autorités de la prison le lendemain, 21 septembre 2012. Il est allégué que le 22 septembre 2012, les autorités pénitentiaires auraient menacé M. Aarrass ou fait pression sur lui pour qu’il retire sa plainte. Il est rapporté que suite aux menaces et actes d’’intimidation proférées, notamment par M. Bouazza, directeur adjoint de la prison de Salé II, à l’encontre de M. Aarrass, ce dernier a retiré sa plainte. Toutefois, le harcèlement et les menaces ont continué d’être proférés. La dernière information reçue en date du 12 novembre 2012, indique que M. Bouazza aurait menacé M. Aarrass de viol, de rendre sa vie en prison impossible et qu’il aurait emporté le chauffe-eau utilisé par M. Aarrass afin de chauffer l’eau pour se laver.

D’autres membres du personnel pénitentiaire sont impliqués dans les mauvais traitements à l’encontre de M. Ali Aarrass depuis son arrivée à la prison de Salé II sont M. Mustafa El Hajri, ancien directeur; M. Mohamed El Athimi, ancien directeur adjoint; et M. Hamid Allali, infirmier. Il est rapporté que le nouveau directeur de l’établissement aurait promis à M. Aarrass qu’il préviendrait le harcèlement et les mauvais traitements dans l’avenir et que les conditions de vie dans la prison de Salé II seraient améliorées. Toutefois, le harcèlement et les menaces par le personnel pénitentiaire se poursuivent ».

Monsieur Mendez demande dès lors au gouvernement marocain d’intervenir pour que « soit protégée et respectée l’‘intégrité physique et mentale de M. Aarrass et ce, conformément aux dispositions pertinentes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et de la Convention contre la Torture. »

 Monsieur Mendez adresse son rapport aux autorités marocaines en décembre 2012. Il leur demande de réagir dans les 60 jours. Mais ni sur la question de la torture, ni sur la demande de protéger l’intégrité physique et mentale d’Ali Aarrass, le Maroc n’a réagi. Et les mauvais traitements et les provocations continuent.

 Médaillon du Brussels Marathon confisqué !médaille 20 km II

 Sire, vous avez pu courir récemment les 20 km de Bruxelles, entouré par votre famille.

Il y a des années, Ali Aarrass aussi a couru le même parcours que vous. Maintenant qu’il est injustement en prison, il ne pouvait pas y être. Mais vous avez sans doute remarqué l’équipe « 20 km pour Ali Aarrass » parmi les participants et dans le public. Ali était tout fier et tout heureux. Mais voilà ce qui lui est arrivé par la suite. Dans une lettre, publiée en français, espagnol et anglais sur le site www.freeali.eu, Ali Aarrass explique comment ils se sont pris à ce symbole auquel il tient tant.

 Le 8 juillet 2013 dernier, une lettre qui contenait des photos et un médaillon des 20 kms de Bruxelles, médaille dont le collier portait les couleurs du drapeau belge, ont été confisqués par la direction de la prison. Ali écrit : « Je suis toujours dans l’attente qu’on me restitue l’enveloppe avec le médaillon aux couleurs du drapeau belge. Le drapeau par lequel j’ai juré en faisant mon service militaire dans les années 1993-94. » Mais ce n’est pas tout. Deux jours après, pendant qu’il était dans la cour, le mercredi 10 juillet, le directeur de la prison Abdellah Darif et son adjoint Bouazza ont débarqué dans sa cellule à son insu. Ils ont fouillé sa cellule, arraché et piétiné des lettres et cartes postales collées sur le mûr et emporté quelques-unes à caractère privé. « Quand je suis revenu à ma cellule, […] tout était sens sous dessus. Ils ont pris un malin plaisir à le faire aµµvec beaucoup de méchanceté, haine, un racisme, du mépris, pour me toucher », nous relève Ali.

Lors de l’entretien qu’il a eu avec le directeur pour protester contre ce traitement, celui-ci lui a dit qu’il n’était qu’un prisonnier, qu’il décidait de tout et qu’il faisait tout ce qu’il voulait dans sa prison ! Par la suite, Ali a été mis en isolement : il n’a plus accès au téléphone, ni à la cour, ni à la douche, ni à son courrier ! Depuis, Ali a commencé une grève de la faim.

 Sire,

Dans le passé nous nous sommes adressés de nombreuses fois à notre gouvernement pour demander une intervention de la Belgique pour notre concitoyen, de lui assurer au moins une protection consulaire. Nous avons demandé autant de fois de pouvoir rencontrer le ministre des Affaires étrangères ou un responsable du ministère. Tout ceci a été froidement et systématiquement refusé à la famille et aux représentants du mouvement Free Ali. Nous nous sommes adressé à un autre pays européen, la Grande-Bretagne, pour trouver de l’aide. Là, une cinquantaine de parlementaires, d’avocats et de responsables des organisations contre la torture ont demandé dans une lettre que la Belgique intervienne pour son ressortissant. Ils ont demandé un entretien à l’ambassade belge à Londres, ce qu’ils ont obtenu.Farida Aarrass at Belgian embassy London

 Sire,

 A l’occasion de votre couronnement, de nombreux commentaires ont été fait sur votre rôle dans la représentation de la Belgique à l’étranger. Des chefs d’entreprise ont insisté sur le fait que la famille royale « leur ouvre les portes à l’étranger ». Nous souhaiterions que vous puissiez aussi ouvrir des portes au niveau des droits de l’homme et de l’image de la Belgique à ce niveau-là.

 Permettez-nous de solliciter une audience auprès de vous pour la famille d’Ali Aarrass.

Et une intervention auprès du Roi du Maroc pour lui rappeler que nous ne demandons pas la grâce mais la justice et la protection de notre concitoyen.

Je prie le Roi, de bien vouloir agréer l’expression de mon profond respect,

signature, nom et adresse

 

 

 

 

 

Satement of Ali Aarrass on hungerstrike 12 July 2013

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/FRIENDS OF ALI AARRASS LONDON SUPPORT COMMITTEE/LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par

20 km médaille Annissa Amina

(translation by Frances Webber)

It all started on 8 July 2013, when I received my post. One of the envelopes contained photos and a Brussels 20km medal, which a ribbon of my colours, the Belgian flag colours. A few hours later, the director ordered confiscation of the envelope and its contents.

 This happened when I signed the register, as usual when I receive cards. Isn’t it an abuse, a provocation? I’m still waiting for the return of my envelope, the medal with the colours of my flag, for which I performed my military service in 1993-4. This is evidence of racism, vengeance on the part of the director and his confidant Bouazza

 10 July 2013, these two came into my cell, while I was in the courtyard, at 11.30. The other prisoners saw them going in without asking for me to be there.

 To provoke me, they pulled down postcards which I had stuck on a wall of the cell. They trampled on them, and they took away my personal cards. When I returned to my cell, they searched it, leaving everything upside down. I believe they took pleasure in doing it, with hatred, racism and evil in their hearts, in order to humiliate me – particularly Bouazza. As for the director, Abdellah Darif, he showed no humanity or intelligence when with his assistant Bouazza.

 I asked to see him. He received me. I asked for an explanation. He said he was the director and I was just a prisoner. I just wanted to remind him that my rights had been violated by this sort of conduct. He warned me, threatened me that he would make my life impossible, and that Bouazza was the man in whom he placed all his confidence.

 I returned to my cell and asked an officer if I could make a phone call. He said he had orders from the director not to allow me to make calls, or to go out to the courtyard, or to shower, or to receive personal mail. Now, I’m locked up in this prison with no rights to anything. I am locked in.

 All because I told the director that he had no right to come into my cell, with Bouazza, in my absence. He was furious when I named and recalled his assistant, he threw me out of his office. He knows very well that he made a mistake in taking notice of Bouazza. The two together violated my rights.

 Now, I ask myself if I have the same rights as any other prisoner. There are those who give all their money to get what they want in prison – and the two divide the booty between them.

 Today, I decided to go on indefinite hunger strike until they give me back my rights, my personal possessions and the medal with the colours of my flag.

 libération d'Ali Aarrass‘Anger and hatred make men blind. The first for an hour, the second, for life!’

 Ali Aarrass

Una carta de Ali Aarrass : Todo empezo el dia 8 de julio 2013

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PLATAFORMA POR ALI AARRASS/LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par

médaille 20 kmTodo empezo el dia 8/07/2013, cuando recibi mi correo personal. Uno de los sobres contenia fotos, y un medallon de los 20 km de Bruselas, con la cintura de colores de nuestra bandera belga. Unas horas mas tarde, el director dio la orden para recupera el dicho sobre con todo el contenido.

Eso paso cuando yo firmé en el registro como lo hago siempre cuando recibo cartas. Esto no es un abuso o provocaciones ? Aun estoy esperando que me devuelvan el sobre con el medallon, con los colores de mi bandera, por la que juré haciendo mi servicio militar en 1993-94. Esto es prueva de racismo, venganza de la parte del director y su confidente Bouazza.

Dia 10 de julio 2013, estos dos entraron en mi celda, mientras yo estaba en el patio a las 11h30. Los otros presos los vieron entrar sin solicitar que yo este presente con ellos.

Para provocarme, arrancaron cartas postales pegadas en la pared en una parte de mi celda. Las pisotearon y se llevaron mis cartas personales. Cuando yo regresé a mi celda, la cachearon, todo estaba boca abajo. Creo que cogieron el placer de hacerlo con mucha maldad, odio, racismo, para humillarme, sobre todo el Bouazza. Y cuanto al director que se llama Abdellah Darif, no mostro ninguna humanidad ni inteligencia en compania de su adjunte Bouazza.

En aquel momento solicité verlo, me recibio, yo exigi esplicaciones y el replica diciendome que el es el director y que yo no soy que un preso. Yo solo queria recordarle que han violado mis derechos actuando de tal modo !

Me dijo, amenazandome, que me hara la vida imposible, y que Bouazza es el hombre en el que tiene toda confianza, su confidente.

Regresé en mi celda y solicité a el funcionario par llamar por telefono. Este me dijo que tenia orden por el director, de no darme aceso a la llamada, ni tampoco el patio, ni la ducha, ni correos personales. Hoy estoy encerrado en el corridor despues de mi ingreso en esta carcel, con derecho a nada ! Estoy encerrado !

Todo esto porque le dige al director que no tenia derecho de entrar en mi celda, con el Bouazza, en mi ausencia. Se puso furioso cuando nombré y recordé su confidente, me hecho de su despacho con maldad ! El sabe muy bien que hizo el error de hacerle caso a el Bouazza. Los dos participaron à violaron mis derechos.

Hoy me pregunto, si tengo los mismos derechos que todos los prisioneros ? Los hay que dan lo que tienen en el fondo de sus bolsillos, para conseguir lo que quieren. Y ese botin se le reparten entre ellos dos !

Hoy tengo pensado de entrar en huelga de ambre sin parar hasta que me devuelvan mis derechos y mis objetos personales et bien entendu le médaillon avec les couleurs de mon drapeau !

 « La colère et la haine rendent aveugle ! La première pour une heure, la seconde à vie ! »

 Ali Aarrass

 Free Ali Aarrass now 20 km

Une lettre d’Ali Aarrass : Tout a commencé le 8 juillet 2013…

dans ACTIONS/DOUBLE NATIONALITE/LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par

médaille 20 km IITout a commencé le 8 juillet 2013, alors que je recevais une partie de mon courrier personnel. Parmi les quelques courriers il y avait une enveloppe qui contenait des photos, et un médaillon des 20 kms de Bruxelles, médaille dont le collier portait les couleurs de notre drapeau belge. Quelques heures plus tard, le directeur donne l’ordre qu’on me reprenne la dite enveloppe avec tout son contenu.

Cela s’est passé alors que j’avais déjà signé dans le registre, accusé de réception, comme je le fais chaque fois que je reçois du courrier.

 S’agit-il d’abus de pouvoir ou provocation ?

 Je suis toujours dans l’attente qu’on me restitue l’enveloppe avec le médaillon aux couleurs du drapeau belge. Le drapeau par lequel j’ai juré en faisant mon service militaire dans les années 1993-94.

 Cela est la preuve d’un racisme, d’une vengeance de la part du directeur et de son confident et adjoint, Bouazza.

10 juillet 2013, ces derniers sont entrés dans ma cellule, tandis que j’étais dans la cour à 11:30 heure. Les autres prisonniers les ont vus rentrer alors qu’ils n’avaient pas sollicité ma présence.

Pour me provoquer, ils ont arraché des lettres et cartes postales collées sur le mur, dans une partie de ma cellule. Ils les ont piétinées et ont emporté mes lettres et cartes personnelles. Quand je suis revenu à ma cellule, ils avaient tout fouillée. Tout avait été remué, abimé … Tout était sens sous dessus. Ils ont pris un malin plaisir à le faire avec beaucoup de méchanceté, haine, un racisme, du mépris, pour me toucher, surtout l’adjoint Bouazza. Et quant au directeur qui s’appelle Abdellah Darif, il n’a montré ni humanité ni intelligence en compagnie de son adjoint.

J’ai demandé à le voir, il m’a reçu dans son bureau où j’ai exigé des explications et il a répliqué en me disant qu’il est le directeur et que je ne suis qu’un prisonnier. Qu’il décidait de tout et qu’il faisait tout ce qu’il voulait dans sa prison !

J’ai seulement voulu lui rappeler qu’ils ont bafoué mes droits en se comportant de la sorte !

Il m’a dit, en me menaçant, qu’il me fera la vie impossible, et que Bouazza est l’homme en qui il place toute sa confiance, son confident.

Je suis revenu dans ma cellule et ai demandé au fonctionnaire le droit depasser un coup de fil. Ce dernier m’a dit qu’il a reçu l’ordre du directeur de ne pas me donner accès au téléphone, ni à la cour, ni à la douche, ni à mon courrier !

Aujourd’hui je suis enfermé dans cette prison, avec le droit à « plus rien! »

Et tout cela parce que j’ai dit au directeur qu’il n’avait pas le droit d’entrer dans ma cellule, avec Bouazza, en mon absence. Il est devenu furieux quand j’ai nommé son confident. Il m’a chassé de son bureau avec méchanceté! Pourtant il sait très bien qu’il a fait l’erreur de se laisser influencer par son adjoint Bouazza. Les deux ont violé mes droits.

Aujourd’hui j’en suis à me demander si j’ai les mêmes droits que tous les prisonniers ?

Il y en a qui payent avec tout ce qu’ils ont pour avoir en retour ce qu’ils veulent, et ce butin le directeur et son adjoint se le partagent !

 J’ai donc décidé en ce jour d’entamer une grève de la faim, une grève que je n’arrêterai pas tant qu’on ne respecte pas mes droits !

Qu’on me restitue mes droits ainsi que la médaille au collier des couleurs du drapeau belge qui est le mien !

 « La colère et la haine rendent aveugle ! La première pour une heure, la seconde à vie ! »

 Ali Aarrass

 

Merci de diffuser cette lettre !

Merci d’écrire une lettre ou une carte postale à ALI AARRASS, prison de Salé II, ville de Salé, Maroc.

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